Une inondation à la mélasse à Boston en 1919!
En 2019, la ville de Boston au Massachusetts vient de commémorer le centenaire de l’inondation la plus sucrée de son histoire, la grande inondation à la mélasse!
Ce fait historique s’est déroulé le 15 janvier 1919, la veille de la ratification américaine du XVIIIe amendement qui interdira la production d’alcool au pays.

Panneau commémoratif – Boston Molasses Flood
L’immense réservoir (90’X 50’ pi/27 X 15 m) de la distillerie locale, située près du port, entrepose près de 2,3 millions de litres de mélasse. À l’extérieur, la température est exceptionnellement chaude pour cette période de l’année.
En fin d’avant-midi, au moment de la sortie des écoles, voilà que la paroi du réservoir ne résiste plus à la pression interne et se déchire. Son contenu se libère pour créer une vague d’environ 30’pi de haut à la sortie de la citerne et se déplace à plus de 40 miles à l’heure vers le centre-ville.
Rien ne peut arrêter ce flot gluant de mélasse! Un wagon ferroviaire sorti de ses rails, des chevaux impuissants encore attelés au wagon sont poussés, des maisons démolies sur deux pâtés de rues avec les résidents prisonniers à l’intérieur, un camion est poussé dans l’océan. Tous mélassés!
Les premiers secouristes, des marins d’un navire ancré au port, doivent se déplacer dans la mélasse jusqu’à la taille, mouvement exigeant un immense effort. Il ne faut surtout pas tomber; en s’éloignant du réservoir, la couche diminuait progressivement de hauteur.
Un écolier, accompagné de ses 3 sœurs et de sa mère, tombe dans ce létal semi-liquide; il est relevé le plus vite possible, il entend des paroles, mais ne peut répondre, ni respirer, il s’évanouit. Ils l’ont porté vers un endroit plus élevé, des sauveteurs ont ‘’démélassé’’ le jeune inerte en utilisant leurs vêtements personnels. Il reprit conscience quand il eut les voies nasales nettoyées, pour enfin respirer. Autrement, il était sur le point de mourir « noyé dans la mélasse en marchant sur la rue ». Sa sœur aînée a eu moins de chance, elle a été retrouvée sous une couverture parmi les décédés.
Plus loin, ‘’quelque chose’’ bouge sur la rue, tranquillement, un sauveteur s’approche pour constater que la chose ne bouge plus maintenant, c’était un chien asphyxié dans la mélasse. Je n’ai jamais couru avec des chaussures d’hiver dans la mélasse jusqu’aux genoux, mais je peux facilement comprendre un sauveteur qui urge en se déplaçant tranquillement.
Les recherches cessèrent au bout de 4 jours de travail intensif. Imaginez-vous à nettoyer un sous-sol où est entreposé le bois de chauffage rempli de mélasse! Le nettoyage a nécessité 87 000 heures de bénévolat. Entre autres, imaginez le trouble causé à un résident qui chauffe son logis avec une fournaise au bois remisée dans le sous-sol inondé de mélasse!!!!! Qui saurait nettoyer cette mélasse? Comment s’y prendre? J’en ai aucune idée. Chers amis.es, si vous avez la moindre idée, je serai ravi de vous lire!
Le diable avec sa fertile imagination n’aurait jamais trouvé matière pire à transporter que de la mélasse en janvier qui, une fois chargée et figée, ne veut plus sortir du contenant qui la contient.
Total du désastre de l’inondation à la mélasse : 21 morts 21 et 150 blessés!
Un recours collectif a été intenté contre la US Alcohol Cie (USAC) qui avait acheté l’édifice deux ans auparavant de la Purity Distilling.
Les acheteurs avaient bien remarqué des taches d’une différente couleur ici et là et l’avaient fait remarquer au vendeur. La réponse du vendeur fut qu’un groupe d’anarchistes a voulu nous faire du mal en venant tacheter le mur du réservoir pour montrer leur opposition à notre projet parce qu’en cours d’opération pour le traitement de la mélasse, on y retire de l’éthanol qui sert à fabriquer des explosifs et aussi des spiritueux. Ils désapprouvaient notre projet, ce fut leur manière de nous le prouver. Ce renseignement n’a pas empêché la transaction, les acheteurs ayant cru l’alibi des vendeurs comme étant plausible.
La propriétaire USAC a proposé un règlement à l’amiable qui fut accepté par les autorités. Elle s’engagea à débourser la somme de 600 000 $ en règlement final, équivalant à 8 538 618 $ en 2015.
Des recherches menées sur les antécédents de ce réservoir ont permis de savoir que :
- la température passa de -17 °C dans la matinée pour monter à +4 °C au moment de l’éclatement;
- aucun test d’étanchéité n’avait été fait par le bâtisseur;
- c’était le 8e remplissage et le réservoir n’avait jamais de signe de faiblesse;
- il avait été peint en brun pour camoufler les écoulements;
- les voisins s’approvisionnaient auprès de ces écoulements;
- au moment de l’incident, des bruits ressemblant à des coups de feu furent entendus, possiblement dus à la cassure de rivets.
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L’histoire du sucre
Le miel a été la première matière édulcorante employée par l’homme. Ce n’est pas pour rien qu’il était considéré comme nourriture pour les dieux anciens.
La canne à sucre, originaire de la Nouvelle-Guinée, était recherchée depuis plus de 9 000 ans pour son écorce qui, lorsque mâchée, avait un goût exquis. Au Moyen-Orient, vers les années 450 AC (avant le Christ), elle servait de nourriture au bétail qui en raffolait.
Vers les années 350 AC, dans sa course pour conquérir le monde connu de son temps, Alexandre le Grand nota qu’en Inde existait un roseau capable de produire « du miel sans l’entreprise d’abeilles ». Les gens nommaient ce produit brun et sucré « sarkara », qui veut dire sable sucré. Du chaudron employé pour le cuire s’échappait un liquide qui séchait et durcissait sur son côté extérieur; pour l’enlever, il fallait le casser au marteau.

Alexandre le Grand
Il est fort possible que les mots casser et cassonade partagent la même origine.
Alexandre le Grand était très heureux de trouver un substitut au miel, dont le litre valait le coût de deux moutons.
En Europe, vers la fin du XVII, le français Olivier Des Serres découvrit qu’on nourrissait les bêtes avec un aliment que les Chinois prétendaient d’origine divine.
La France voulut mettre en valeur les immenses terres qu’elle venait de s’approprier dans les Antilles pour y faire pousser du tabac ou de la canne à sucre pour occuper leurs nombreux esclaves.
Les résidents de cette région, qui allait devenir américaine, décidèrent de leur faire compétition en employant des esclaves abusés par des hommes très peu scrupuleux dont certains d’entre eux allaient devenir fondateurs de ce nouveau pays.
L’un d’eux est parvenu à ‘’posséder’’ plusieurs centaines d’esclaves sur des terres dont l’armée avait chassé les occupants de leur territoire ancestral.
Culture de la canne à sucre
Cette géante graminée, originaire des pays de l’océan Indien, pousse en touffes de 5 à 20 tiges qui atteindront de 2 à 5 mètres de haut et de 2 à 4 cm de diamètre. Chaque tige est une succession de nœuds distants d’environ 18 cm. Chaque nœud porte un bourgeon et un anneau d’ébauche de racines. La tige peut être consommée directement comme canne de bouche ou servit en ensilage aux animaux. Sous l’écorce cireuse et dure se cache une sève abondante et sucrée de couleur de la cassonade.
Arrive le temps de la semence
Dans cette région qui n’est pas soumise aux saisons aux différences très marquées, la semence peut être faite n’importe quand au cours de l’année.
Il s’agit de couper des tiges de manière à ce que chaque section ait un nœud à chaque bout et les déposer, bout à bout, dans des sillions continus, parallèles distants 80 cm à une profondeur de +/- 20 cm de profondeur.

Tiges de canne à sucre
La récolte pourra débuter 10 à 16 mois après la semence selon les pratiques agricoles. Les tiges sont coupées au ras du sol, car le suc se concentre dans la partie du bas. Celle du haut et les feuilles sont laissées sur le champ. La partie basse est déposée sur un véhicule qui urgera vers l’usine d’extraction.
Très souvent, le feu est mis volontairement avant la récolte pour 2 raisons : primo, les tiges sont débarrassées automatiquement des matières encombrantes; secundo, le champ est débarrassé des indésirables qui ont cessé de l’être, comme les serpents et autres bibittes du genre. La chaleur éphémère du feu ne cause aucun inconvénient à la tige et ne diminue pas le rendement.
Aussitôt coupées, les racines recommencent de nouvelles pousses qui vont remplacer les anciennes qui s’étaient fixées sur les bouts qui avaient servi de semence qui, eux à leur tour, deviendront engrais pour la future récolte.
Quand elle sera jugée insuffisante et non rentable, le cycle de la vie de la plantation recommencera : des cannes, au lieu de partir vers l’usine, seront coupées et posées dans des sillons pour former un autre semis, et…
Une nouvelle vie recommence!
Charles-Émile
Source : Wikipédia et photos : repiquage sur internet
Prochain rendez-vous, le 3 décembre!
