Laurier a toujours été un gros travaillant. En plus d’avoir un emploi à la Cie Johns-Manville comme opérateur de machinerie lourde avec rotation sur les quarts de jour et de nuit. Le jour pendant que ses compagnons de travail ronflaient, lui s’affairait à conduire sa machinerie : bulldozer et camion. Il prenait toutes sortes de contrat. Un compagnon de travail lui demanda de déplacer un garage simple de Richmond à Danville. « Charles, j’viens de prendre une job, m’aiderais-tu? » « Ok, je le veux. » Avec un gros fer angle que j’ai modifié, celui-ci servira à remplacer le parechoc de l’un de ses camions que l’on entra à reculons dans le garage. On soulève le garage d’environ 18’’, le fixons au camion, la partie avant repose sur le fer angle. Le garage est solidement arrimé au camion. « Bon, demain après souper, on le déplace. » Le camion n’est pas visible, excepté de l’avant, on ne voit que les roues. Je suis Laurier avec un de ses camions, ceux qui nous voient passer ne voient qu’un garage mobile. Dans ce temps-là, la route de Richmond était très mauvaise. Pour Laurier, au volant de son camion, il ne voyait que l’intérieur du garage, tout était stable et allait très bien pour lui. Ce n’était pas la même chose pour moi. Il roulait à plus de vingt miles à l’heure, le garage balançait de gauche à droite parce que la partie la plus pesante du garage est le toit. Si vous voulez savoir, imaginez une carapace de tortue attachée sur le dos d’un lièvre et lâchez-le en liberté, vous comprendrez que j’ai eu la chair de poule. Au total, l’ouvrage n’avait pas duré plus de six heures. Que serait-il advenu si les attaches s’étaient brisées? Imaginez le dégât!
Une réflexion sur “Déménagement d’un garage”
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Ah l’oncle Laurier était incomparable. Un jour il m’a dit: « Le moins longtemps tu es sur la route, le moins longtemps tu es an danger. »