Premier voyage de Christophe Colomb

Par ce temps de grandes froidures, je vous offre une lecture plus longue que d’habitude en vous souhaitant une année 2018 riche de culture et de connaissances à partager avec vos proches!

L’acharnement de Christophe a porté fruit

Les Très Catholiques Rois d’Espagne qui venaient de chasser les Musulmans de leur pays vont signer un édit le 31 mars 1492 qui forcera les citoyens juifs à quitter le pays. Fait plutôt cocasse pour des rois qui se vantaient d’être Rois des peuples des trois religions quelques années plutôt. Ce qui aidera l’Amiral Colomb à former son équipage hétéroclite : des Juifs forcés de quitter le pays, souvent sous un nom d’emprunt, et aussi des prisonniers dont la peine sera levée s’ils acceptent de partir vers l’inconnu.

Il a fallu 4 mois pour les préparatifs; si on vient à manquer de quelque chose, pas question d’aller au magasin du coin. Un item bien important qu’il ne faut pas oublier : des babioles couleurées pour donner et impressionner les futurs Indiens que l’Amiral est certain de rencontrer.

La date : 3 août 1492, dernier jour fixé pour la sortie des Juifs du pays, le joyeux groupe improvisé composé de 90 hommes au passé très différent montent sur trois écailles de noix poussées par le vent dans une direction ouest.

Premier voyage de Christophe Colomb

Bye, bye, Espagne, parents, amis. À la grâce de Dieu. Advienne que pourra! Christophe Colomb est accompagné du frère et du cousin de Béatriz qui est la mère de son fils et de représentants du roi. Aussi, entre autres et sans doute, des Juifs anonymes qui étaient surnommés « conversos », Juifs convertis, obligés de s’exiler qui n’avaient rien à perdre en se dirigeant vers la Terre nouvelle.

Flotte de Christophe Colomb

Aussitôt sorti du port, il semble qu’un marin possiblement hostile aurait saboté le gouvernail de la Niña.

Pour cela et aussi pour changer les voiles, car les carrées sont plus efficaces en haute mer. Dès les dernières terres connues perdues de vue, certains marins commencent à s’épeurer, car pour certains, c’est le baptême de la mer, c’est peut être le cas d’un geôlier qui l’a vue seulement de la fenêtre de sa prison.

L’Amiral s’efforce de leur remonter le moral. Si le virus de la grippe peut s’attraper au contact personnel, ce n’est pas la même chose avec un gars qui n’a pas le pied marin qui voit une vague haute comme le mât de la goélette qui s’apprête à lui tomber dessus. Christophe a beau se montrer sûr de sa conviction, mais en convaincre un autre n’est pas chose facile. La flottille approche de la mer des Sargasses, c’est le signe que l’on s’approche de la Terre nouvelle. De par son expérience marine, il sait bien qu’en ce lieu, sous les Tropiques, le soleil plombant à la verticale active la croissance de la végétation de certaines plantes qui étalent leurs grandes feuilles plates à la surface de l’eau chaude, ce qui ralentit la vitesse d’avancement.

Ça ne le gênait pas d’en passer des petites vites comme ça à la condition que ça rassure le marin inexpérimenté par exemple : l’Amiral avait tendance à minimiser les distances parcourues, car certains avaient peur de tomber dans les abîmes qui, supposément, bordent les contours de la mer. Si les oiseaux volent bas vers l’ouest, le soir, c’est qu’ils volent dans cette direction pour se reposer pour la nuit sur la terre ferme.

Les jours filent, les belles promesses ne réussissent à convaincre tout le monde, un grand nombre d’entre eux veulent se mutiner et ne demandent rien de moins que le retour à la maison. Vers le début d’octobre 1492,  Colomb combine menaces et promesses magnifiques, il lui faudra user de son pouvoir d’autorité suprême pour continuer à aller vers le couchant, tandis que le capitaine d’une autre nacelle voudrait mettre le cap en direction plus vers le sud.

Quelques jours plus tard, ils voient des rameaux verts flotter à la surface de l’eau, la terre ne devrait pas être loin. Tout le monde est aux aguets, le moral prend du mieux. À minuit, le 11 octobre, c’est au tour de  Rodrigo de Triana d’être veilleur de nuit; il voit une petite lumière dans la nuit, il est 2 heures du matin.

Rodrigo de Triana

C’était une petite île des Bahamas qu’il nomma San Salvador.  Ce sera lui le premier Européen à voir la Terre nouvelle après 36 jours de navigation. C’était une joie qui ne peut se décrire avec des mots.

Le grand Amiral Colomb de la mer Océane et Vice-roi des Indes avait vu juste en navigant vers l’ouest pour trouver des terres nouvelles, dont il prit possession en y plantant une croix ornementée d’une bannière aux couleurs des rois d’Espagne.

À la vue de ces étranges et immenses canoës surmontés de troncs d’arbres qui peuvent transporter plusieurs hommes, la surprise fut grande autant du côté des arrivants que des résidents naturels.

Une légende chez certaines peuplades racontait que leurs ancêtres ayant la peau blanche les avaient quittés par voie marine en direction du levant après leur avoir dit qu’ils reviendraient les revoir un jour.

Pour les Espagnols portant une armure, c’était une boîte à surprise qui s’ouvrait devant eux. Les Indiens accoururent amicalement vers eux; ils étaient complètement nus; de stature athlétique; le teint basané et la forme de la tête plutôt carrée, surmontée de cheveux noirs durs comme du crin taillé d’une telle manière que seulement les fous oseraient se coiffer; nagent comme des poissons qui sont la base de leur nourriture.

Arrivée de Christophe Colomb au Nouveau Monde

Les prétendus Indiens furent estomaqués de voir des canoës d’une telle dimension avec un arbre planté en leur milieu; des hommes à la peau blanche avec des cheveux de différentes couleurs sur la tête et dans la figure; vêtus de différentes façons et teintes. Ces étrangers font différents desseins dans le sable après avoir vu un des Indiens avec une petite roche jaune encastrée dans la peau de son nez.

Comment trouver un moyen de savoir où sont leurs mines d’or?

Christophe avait tellement vanté les richesses du grand Khan décrites par Marco Polo

Marco Polo

lors de son voyage aux Indes en 1271 qui dura 24 ans, que ses compagnons croyaient réellement en trouver à l’Inde qu’ils venaient de découvrir. Quelle déception pour eux de trouver des gens plus pauvres qu’eux. Par contre, les gens sont nus, car le climat est très clément et les femmes sont très charmantes et très, très compréhensives et très disponibles, certains en profitent. Ce qui causera de terribles conséquences : ils s’échangeront des maladies, les uns contracteront des vénériennes, les autres la variole. Le système défensif des uns était très vulnérable à la maladie des autres.

Christophe, le pudibond, ne le note pas dans ses mémoires de voyage.

Le caractère pacifique de ces gens lui fait prétendre qu’ils seront faciles à convertir à la Sainte religion Catholique, ce qui va plaire beaucoup au Pape de voir augmenter le nombre de ses fidèles et pour les mettre en servage. Les visiteurs sortirent leurs babioles qu’ils échangèrent toujours à leurs avantages : un petit morceau de miroir cassé contre une perle, etc.

Il est difficile de comprendre que Christophe Colomb, lui qui planifiait aborder dans une région riche où l’or coule à flots, n’avait apporté que des babioles sans valeur à offrir. Qu’aurait-il fait s’il était arrivé aux vraies Indes?

Quand arriva le moment du départ de San Salvador pour continuer sa découverte en terrain inconnu, il força 7 Indiens à lui servir de guides; à la première occasion, l’un d’eux s’enfuit. La flottille contourna plusieurs petites îles sans importance pour arriver à une autre, immense celle-là, enfin, on est à Cipango. Le grand explorateur a le sens de l’exploration, il note tout dans son journal de bord : le climat, le sens des vents selon les saisons, les bons endroits pour un port de mer.

Il envoie un groupe faire des recherches vers l’intérieur pour trouver des épices et des mines d’or. Déception, certaines gens ont bien des bijoux en or qu’ils ont trouvés dans des cours d’eaux, mais pas de mines, ni d’épices.

Novembre le 23. Pinzon, le pilote de la Pinta, l’une des galères du trio, exaspéré par la lenteur des recherches, décide de faire chevalier seul et quitte le groupe. Il termine ses recherches sur cette grande île qu’il nomme Juana, lorsqu’il rencontre un groupe d’Indigènes qui lui est hostile, il lui faut fuir.

Le 16 décembre, il arrive à Haïti, île peuplée de Taïnos, ces gens qui habitent cette région qui communiquent par télégraphie de la fumée, donc ils sont méfiants et peu coopérateurs avec ces inconnus. De l’or, il n’y en a pas; ce n’est que beaucoup plus tard que des prospecteurs en trouveront sur une colline dont la mise en valeur coûtera la vie de plusieurs d’entre eux devenus esclaves.

Le 25 décembre, le joyeux groupe fête pieusement la Noël sur la terre ferme, même si aucun prêtre ne fait partie de l’expédition. Seul un jeune mousse est à bord du Santa Maria, la galère pilotée par l’Amiral laissée sans amarre, poussée par le vent, va s’éventrer sur un récif. Tout ce qui put être récupérable a été transbordé sur la Niña. Aidé par les Indiens, l’équipage a fait la besogne d’une telle manière qu’il n’y manquait rien, fait noté dans les minutes par le pieux fêtard Colomb pour souligner l’honnêteté de ces gens.

En souvenir de cette avarie, il nomma l’île La Navidad (la Nativité). L’Amiral décide de laisser 39 hommes dans un campement de fortune avec des biscuits, du vin et de l’artillerie sous la direction de trois responsables. Avant de les quitter, il avertit le chef indien qu’il reviendrait les chercher plus tard et de veiller sur eux; pour l’impressionner, il fait tirer un boulet de pierre par un canon sur le côté de la galère amirale échouée qui avait été laissée  non-amarrée lors de la fête de Noël; ceci pour démontrer la puissance destructrice de l’armement auquel il aurait à faire face au cas de mauvais traitements à ses hommes lors de son  prochain retour.

Le voyage de retour

Le 4 janvier 1493, le voyage de retour débute. Le 6, voilà que Pinzon, monté sur la Pinta, lui qui avait décidé de faire de l’exploration seul, revient rejoindre Colomb. Lui non plus, n’a pas trouvé d’or et donne de mauvaises excuses pour la cause de son escapade. La vraie raison, c’est qu’il trouvait que l’Amiral était trop autoritaire envers lui. Il aurait aimé faire valoir ses connaissances de marin expérimenté et non être seulement l’exécuteur des ordres donnés par Christophe Colomb, sans être consulté.

La Pinta a besoin de calfatage, car les carets, genre de vers marins qui font des trous sous la ligne de flottaison de la carène des vaisseaux de bois naviguant dans les mers chaudes, causant  l’infiltration de l’eau qu’il faut écoper continuellement, sinon le bâtiment devient trop pesant et diminue la vitesse avant d’aller vers le fond marin.

Le 16 janvier 1493, le travail terminé, les deux navires font route commune. Le 12 février, la mer commence à s’agiter. Le lendemain, une tempête imprévue pousse les caravelles qui  naviguent les toiles baissées; la Pinta disparaît de la vue.

Le grand Amiral a réellement peur, il écrit une longue missive à l’intention des Rois catholiques relatant ses découvertes et les prises de possession. Il place sa missive dans un baril qu’il jette à la mer, furieuse, espérant que si sa coquille de noix ne réussit pas à s’en sortir, que le bail soit retrouvé et porté au destinataire lui annonçant la bonne nouvelle. Il ajoute une promesse qu’il ne tiendra pas : chasser les Musulmans hors de la ville Sainte de Jérusalem.

Le 15 février, la mer est encore très grosse. Chanceux, Colomb réussit à voir de la terre ferme qu’il rejoint en louvoyant, il est aux Açores.

Il amarre la goélette et pour une raison inconnue, il envoie des marins sur l’île, ces derniers sont fait prisonniers. Des marins locaux armés viennent menacer le reste de l’équipage. C’est un échange de menaces; une semaine plus tard, les hommes de son équipage reviennent, sains et saufs.

Le 27, il repart, écarté de sa voie par des vents contraires. Quelques semaines plus tard, un vent très violent enlève toutes les voiles de la nacelle. Chanceux, il est près des côtes du Portugal qu’il atteint de peine et misère le 4 mars. Cette avarie l’oblige à entrer au port de Lisbonne.

Jean roi du Portugal

De ce lieu, il écrit au roi Jean du Portugal  une missive qui lui répond à sa manière en lui envoyant une nef armée sur laquelle il est invité à monter. Il refuse l’offre, car il est Amiral des Rois de Castille et il désirait seulement radouber sa goélette et continuer sa route vers l’Espagne.

Non, il ne devait pas désirer faire le récit de ses aventures à celui qui lui avait maintes fois refusé d’y participer et, de plus lui, annoncer que ces terres étaient dorénavant sous la tutelle des Rois très Catholiques.

Tout ceci avant de l’avoir annoncé à ceux qui avaient parrainé l’expédition, car il devait bien se douter que sa missive placée dans le baril lancé à la mer n’était pas encore rendu à destination. Le roi Jean l’invita auprès de lui, le 8 mars. La réception fut amicale; Jean en profita pour lui faire remarquer que les terres nouvellement conquises appartiennent au Portugal et non à l’Espagne.

Il se remet en route le 13; entre temps, Pinzon sur sa miraculée goélette Pinta était déjà entré en Espagne et avait fait le récit du fructueux voyage et rentrât chez lui pour mourir très possiblement de la syphilis.

L’Amiral de la mer Océane fut très bien reçu avec tous les honneurs possibles et ses nouvelles découvertes firent le tour de toute l’Europe, stupéfaite par le récit de son long périple.

Les dix jeunes Indiens qui l’accompagnaient ont tous demandé d’être baptisés et reçurent le nom de ceux qui avaient parrainé l’expédition. Un d’eux mourut et les neuf autres retourneront au second voyage.

Les rois sont heureux de la nouvelle acquisition, de valeur inconnue, mais ont un doute sur les affirmations du roi Jean qui prétend avoir un droit acquis, lui aussi sur une partie de ces découvertes, car déjà les Portugais faisaient escale sur certaines îles de la région et déjà un représentant du Pape avait stipulé que les terres sises à cent lieues à l’est de l’île du Cap Vert étaient sous juridiction du Portugal.

À la suite du récit des nouvelles découvertes, Christophe Colomb demanda et reçu, sans connaître les conséquences qui placèrent le grand pays du Brésil sous la  tutelle espagnole, l’autorisation de déplacer cette ligne à 370 lieues vers l’ouest, tel que mentionné dans le traité de Tordesillas au lieu de 150 lieues mentionnées.

Devant le partage et la reconnaissance arbitraire des terres par le représentant de Dieu sur terre, Jacques 1er, roi de France, envoya le capitaine Jacques Cartier planter une croix et les emblèmes français sur la pointe de Gaspé, 42 ans plus tard; arguant la phrase suivante : « Je voudrais bien voir le document sur lequel le Pape se base pour établir son autorité concernant la répartition du monde ».


Je vous donne rendez-vous le 3 février 2018 pour Le deuxième voyage de Christophe Colomb

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