Cristóbal Colón alias Christophe Colomb

Pour ce blogue de décembre, je vous fais cadeau d’un long texte sur Christophe Colomb.  Dans les prochains mois, je vais poursuivre avec le récit des quatre voyages de ce grand explorateur. Bonne lecture!  Charles-Émile


Les auteurs de livres d’histoire basée sur les connaissances actuelles prétendent que c’est Cristóbal Colón, un juif d’origine italienne connu sous le nom de Christophe Colomb qui, pour le compte des Très Catholiques Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, osa naviguer sur une mer aux limites inconnues par les cartographes et les marins les plus audacieux. C’est ainsi que  Cristóbal Colón découvrit le Nouveau Monde.

Cristóbal Colón alias Christophe Colomb

Le grand Amiral fit naviguer, en direction ouest, les trois goélettes de sa flottille montées par 90 hommes pendant 36 jours. À deux heures du matin, le 12 octobre 1492, le marin, veilleur de nuit, Rodrigo de Triana eut la surprise de voir cette nouvelle partie du monde tant espérée. Ce même matin, le grand Amiral Colomb s’empressa de planter une Croix sur cette nouvelle terre que le représentant de Dieu, ici-bas, le pape Alexandre VI avait mise sous la domination de l’Espagne. Cette nation était dominante à cette époque et souhaitait convertir ces pauvres gens pour leur ouvrir les portes du ciel, au lieu de les laisser moisir dans les limbes après leur mort, selon la croyance de ce temps-là.

En fait, le Grand Amiral était-il le découvreur de ce continent puisque des millions de personnes l’habitaient déjà depuis plusieurs milliers d’années, avant son arrivée sur ces terres nouvelles?

Le viking norvégien Éric le Rouge était venu du Groenland vers l’an 1000. À la pointe la plus au nord de l’ile de Terre-Neuve, à l’Anse aux Meadows, il y a des traces de campement qui remontent à cette période.

L’énigmatique personnage qui se cachait derrière le découvreur Colomb a été mal ou très peu connu. Les portraitistes ont tracé les traits de son visage selon le portrait-parlé fait par son fils naturel Fernando, qu’il a fait de son père après sa mort. Il serait né à Gênes en Italie, vers 1450, d’un père de religion juive. Il avait les yeux bleus, la taille élancée, à l’allure agréable.

Adolescent, âgé de 14 ans, il monta sur les voiliers océaniques pour y passer sa vie. Les débuts de sa carrière de marin sont nébuleux et pleins de récits contradictoires, voire inexplicables. On rapporte qu’il était un homme très intelligent, doté d’une très grande mémoire, alimentée par un esprit d’observation très développé, capable d’une facilité de conviction, voire hautaine à certaines occasions, et pouvant se débrouiller dans 4 langues.

Il aurait fait la connaissance d’un astronome florentin dont il aurait épousé la fille qui lui donna deux garçons. Il aurait hérité de ses notes et observations maritimes et astrologiques. Plus tard, il eut un troisième enfant, Fernando, d’une autre liaison amoureuse, fils qui a été son compagnon dans tous les événements de sa vie jusqu’à sa mort. C’est lui qui lui lisait les Versets de la Bible à tous les jours, car sa vue n’était pas assez bonne pour lire les textes écrits à la main par des copistes. L’invention de la presse par l’allemand Johannes Gutenberg avait été créée au cours de l’année de sa naissance, mais a longtemps été boudée par les croyants catholiques de cette époque, car une machine à imprimer aurait profané la Sainte Parole de Dieu.

Johannes Gutenberg

Christophe Colomb aurait pris connaissance d’un certain livre connu sous des titres différents : le Devisement du Monde ou Le Livre des Merveilles qui traitait du voyage de Marco Polo vers la Chine, de son départ en l’an 1254 jusqu’à son retour, 24 ans plus tard. Marco prétendit avoir vu des richesses inouïes, l’or omniprésent à la cour de Kubilai Kan, grand empereur chinois.

Ce qui fit rêver et espérer Christophe Colomb d’y aller un jour.

Christophe aurait participé à un voyage en Mer du Nord, près de l’Islande. Après une longue tempête venant de l’ouest, il fit la découverte d’un canot dans lequel il trouva les cadavres desséchés d’un homme et d’une femme. Il y avait donc des terres plus à l’ouest, car déjà dans le passé alors qu’il était au service du roi portugais René d’Anjou, il pilotait un NÉGRIER. Au commande de ce navire, spécialement construit pour le transport des esclaves, chargé de Noirs africains en direction de l’Europe, il s’était éloigné de la côte par mesure de sécurité.

Les pirates connaissaient bien la valeur de la cargaison de ces voiliers chargés de bétail humain destiné à la vente à Séville, ville d’Italie. Leurs caravelles étant vides, ils étaient plus rapides et venaient les aborder, tuaient l’équipage et s’appropriaient le contenu pour aller le vendre au marché européen. C’était le commerce le plus lucratif du temps.

Au centre de l’Atlantique, sous l’Équateur, en absence de vent, sa goélette resta immobilisée durant plus d’une semaine sur la mer des Sargasses, grande région de l’océan très chaude où la végétation marine étale ses immenses feuilles à la surface de l’eau qui freine l’avancement des navires à voiles. Imaginez l’enfer qu’était la vie à bord pour ces pauvres humains couchés sur des tablettes comme des bouteilles de vin, enchaînés par le cou les uns aux autres pour la durée du voyage.

Navire négrier

Le calme de cette attente a été remplacé par une violente interminable tempête venant de l’ouest pendant plusieurs jours. Christophe eut la surprise de voir des troncs d’arbres, d’espèces inconnues des Européens. Son sens de l’observation et sa curiosité l’amenèrent à penser qu’un vent d’une telle intensité soufflant de l’ouest pendant plusieurs jours, qui poussait des plantes vivant sur terre, était la preuve que les Indes étaient dans cette direction, mais de l’autre côté de cette effrayante mer. Dans ses savants calculs, il avait sous-estimé la dimension de la Terre. Voilà pourquoi il était certain que ces vents venant de l’ouest arrivaient des Indes et non d’un continent inconnu et non mentionné dans la Bible, sur laquelle les gens bien-pensants basaient leurs croyances.

Le but qu’il recherchait de ce commerce inhumain était de ramasser un pécule pour financer son rêve de découverte.

La reine Isabelle ne voulut pas voir ces loques humaines. Elle fut très scandalisée de savoir que plus de la moitié d’entre-eux étaient morts en voyage et que ceux qui avaient survécu étaient en très piteux état. À un membre influent du clergé, aussi impliqué dans la gouverne du royaume qui avait fermé les yeux sur la vente publique de ces loques humaines, elle lui tint ce langage : « Comment le capitaine Colomb a-t-il pu faire, lui qui prétend avoir pour mission de porter le message de la Parole de Dieu; si les naturels de ces régions n’ont pas d’âme, nous ne sommes pas justifiés d’aller les convertir et de leur imposer notre foi. Est-ce que les Noirs africains et les gens des autres pays non nommés dans la Bible ont une âme? »

Lors du Concile de Latran tenu en 1179, les pères de l’Église Catholique ont décrété que les esclaves ont tous une âme. Plusieurs siècles plus tard, le commerce des esclaves était encore pratiqué au vu et au su de tous.

Dans le Livre de la Genèse qui traite de la création, le monde se limitait aux pays du nord de l’Afrique et des contours de la Méditerranée. La surface de la Terre était plate et bornée par un gouffre indescriptible peuplé de monstrueuses créatures. C’était une manière d’expliquer que certains audacieux marins étaient disparus en mer, car ils avaient été trop loin et étaient tombés dans ces affreux précipices.

La conviction de Christophe Colomb qu’il y avait des terres à l’ouest n’était pas partagée par tout le monde. Le roi Ferdinand d’Aragon fonda une commission et nomma comme président l’évêque Monseigneur Talavera. Ce dernier, dans une lettre adressée à la reine en juin 1492, exposa le fond sa pensée. À son avis, en acceptant ce projet de Christophe Colomb, les souverains outrepassaient les limites imposées par Dieu au monde, ce qui était un péché susceptible de perdre son âme pour l’éternité et ouvrirait un temps pour de terribles calamités. Et que ce cas devrait être soumis à l’Inquisition. Il basait ses affirmations sur les enseignements de Saint-Augustin, considéré comme un Père de l’Église Catholique.

L’Inquisition était une commission itinérante créée par le pape Innocent III vers la fin du 12e siècle, dirigée par un évêque se déplaçant dans les pays catholiques pour combattre les hérésies. Les accusés n’avaient pas accès à l’aide d’avocats; leurs biens pouvaient être confisqués et ils étaient susceptibles de la peine de mort s’ils ne se rétractaient pas à la satisfaction du juge-évêque.

Déjà, depuis un certain temps, les navigateurs portugais contournaient l’Afrique pour établir des comptoirs commerciaux avec les Indes. Ce nom servait à désigner les territoires situés plus à l’est de l’Europe. Christophe alla rencontrer le roi Jean du Portugal pour lui faire miroiter les grands avantages de naviguer, cap à l’ouest sur l’Atlantique vers ces territoires inconnus. Personne n’en connaissait l’existence, ni la distance à parcourir, mais Colomb était convaincu que ces territoires existaient bien. Cela permettrait de contourner le continent africain, car en ce temps-là, un voyage aller-retour durait une année et obligeait à affronter deux fois les terribles tempêtes continuelles du sud du continent, à l’aller et au retour.

Christophe Colomb en était convaincu, mais en convaincre d’autres était une autre chose.

Ses belles propositions ne reçurent pas de réponse positive. Déçu, il se rendit auprès des autorités espagnoles. Même déception. Ces deux pays catholiques étaient en guerre depuis dix ans pour bouter les Sarrasins, citoyens de croyance musulmane, hors de leurs pays catholiques. Découragé, il se proposait d’offrir ses services au roi de France. Il n’eut pas le temps de réaliser son projet, que le contexte social et politique avait changé.

En 1491, les Sarrasins s’avouèrent vaincus et fuirent les deux pays, l’Espagne et le Portugal; ainsi l’argent alors dépensé à la guerre pourrait servir à une autre cause, pourquoi pas dans l’exploration.

Un événement récent venait aussi de se produire. Rodrigue Borgia venait d’être élevé au poste de cardinal à l’âge de 25 ans par son prestigieux oncle, le pape Calixte III. Après la mort de celui-ci, il fut appelé à le remplacer pour devenir à son tour le représentant de Dieu sur la Terre, de 1492 à 1503, sous le nom Alexandre VI. Il était originaire du royaume d’Aragon, dont le roi était le Très Catholique Ferdinand d’Aragon et dont l’épouse était la Très Catholique Isabelle de Castille. Ces titres de « Très Catholiques » furent donnés par le nouveau pape en appréciation et remerciements pour avoir réussi à chasser les musulmans du pays.

Les Très Catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon

L’impossible devient alors possible. Christophe Colomb profita de l’euphorie royale pour rencontrer le pape et le couple souverain pour discuter de la réalisation de son projet, car il prétendait être celui désigné dans certains passages de la Bible; son nom Christophe ne signifiait-t-il pas « Porte-Christ »? En plus, Noé, lorsqu’il descendit de son arche après le Déluge sur le mont Ararat situé en Turquie, choisit, parmi les animaux, une colombe qu’il envoya au loin pour vérifier si la vie était possible. À son retour, la colombe portait dans son bec une branche d’olivier. « Voyez, même mon patronyme « Colomb » est prédestiné ». Il voyait dans plusieurs passages, des allusions que les prophètes entre autres le désignaient comme l’homme choisi par Dieu pour aller porter sa parole aux infidèles. Il était l’Homme désigné pour cette Sainte mission, selon l’humble estimation qu’il faisait de son personnage. On en vînt à une entente.

Pour prouver qu’il avait réellement foi en son projet, il s’engagea à fournir 250 000 maravédis, somme qu’il ne possédait pas, mais qui sera avancée par un richissime ami, financier impliqué dans la gérance du royaume qui fournira presque tout le restant. La reine y participera en refilant le paiement d’une amende qui lui était due par une compagnie fautive qui avait enfreint une loi. Donc, elle n’avait rien à débourser d’argent nouveau.

Les arguments présentés par Christophe Colomb et la certitude de réussir son projet convainquirent le roi et la reine d’accepter ses nombreuses exigences suivantes :

  1. Être anobli, son nom se dira dorénavant : Cristóbal  ‘’Don‘’ Colón
  2. Avoir le titre et la rémunération d’Amiral de la Mer Océane
  3. Avoir le titre de Gouverneur et Vice-Roi des Terres à découvrir
  4. Tous ces titres seront de façon perpétuelle et héréditaire
  5. 10 % des produits qui proviendront de ces terres
  6.  Participation à tout commerce ou échange avec la capitale
  7. Droit de justice sur tout litige sans possibilité d’appel

Toutes les demandes imposées par Christophe Colomb ont été enregistrées par le notaire de la cour royale, le 30 avril 1492, à une condition : « L’Amiral Christophe ‘’Don‘’ Colon devra RÉUSSIR son projet qui devait le conduire aux Indes.

Le couple royal a accepté, encore, faut-il que les marins veulent bien l’accompagner et lui obéir.

Le pape Alexandre VI fût très fier d’accepter la promesse de convertir et baptiser ces gens et de répandre la Parole de Dieu. De plus, Christophe promis qu’avec les bénéfices accumulés, il financerait une croisade pour chasser les musulmans de Jérusalem.

Référence : Wikipédia et internet


Le mois prochain : LE PREMIER de ses 4 voyages

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