La ville d’Asbestos a été le théâtre de plusieurs grèves, la dernière a marqué le monde ouvrier qui revendiquait l’amélioration du milieu de travail en diminuant jusqu’à un niveau acceptable et tolérable de la poussière pour éliminer les maladies industrielles telles que l’amiantose et deux sortes de cancer de la plèvre du poumon. Fait à remarquer dans leurs demandes, l’augmentation de salaire était considérée de façon secondaire.
Pour me remémorer la grève de l’amiante à Asbestos en 1949 et produire ce billet à votre intention dans mes carnets de Charles-Émile, j’ai lu deux ouvrages cet hiver. Le premier La Grève d’Asbestos paru au début des années 1950, le second de plus de 500 pages Le Quatuor d’Asbestos d’Esther Bélisle et Pierre K. Malouf qui ont compilé les renseignements de personnes et ouvriers impliqués dans ce conflit et les conséquences en résultant.
Après ma lecture de ces deux ouvrages, j’ai été surpris de constater qu’à aucun endroit il n’était mentionné le mot « tabagisme », synonymes ou dérivés comme pouvant être responsables de ces maladies industrielles qui faisaient des ravages parmi les travailleurs de l’amiante à ce moment-là.
Certains ajoutaient aussi la tuberculose à la liste de ces maladies. Pour cette dernière, c’était beaucoup plus dû au fait que dans plusieurs chaumières québécoises, on trouvait des crachoirs, genre de petits vases de formes circulaires, d’environ 6 pouces de diamètre par 6 pouces de haut, qui servaient à recueillir les crachats des fumeurs de pipes et des chiqueurs de tabac. Ces vases demandaient peu d’entretien, car ils n’étaient pas souvent débarrassés de leurs trésors et n’étaient pas munis de couvercle pour empêcher l’évaporation et cacher leurs contenus.
Au cours de mon enfance, dans les années 1930, la plupart des maisons de campagne où je suis allé en avait un à la disposition des tabagistes dans la cuisine. Ces petits incubateurs domestiques de microbes sont disparus de nos maisons au même rythme que les sanatoriums dans la belle Province. Est-ce une coïncidence?
Aussi, les pneumonies mal soignées dues aux fréquentes expositions au froid lors de promenades en traîneaux et au mauvais chauffage des résidences au début du siècle dernier. Dans ces cas-là, ces maladies qui n’avaient rien à voir avec l’amiante.
Nous, travailleurs, employeurs et la société en général ignorions ou ne tenions pas compte de la dangerosité du tabagisme pour ses effets destructeurs sur la santé, même au contraire, on l’encourageait.
Que faisions-nous avec notre pire ennemi, qu’est devenu aujourd’hui le tabac? Il avait une place de choix dans notre vie, on voulait se détendre, on le fumait, on était stressé, on le considérait comme un ami indispensable, alors qu’il ruinait notre système pulmonaire.
Quel supplice aura à vivre un invétéré fumeur s’il vient à manquer de ce « poison en bâton », il reprendra sa bonne humeur seulement lorsqu’il en aura tiré une bonne pouff, ça, c’est calmant! Mais à quel prix?
Je reviens aux amis Hollandais, eux pour tenir leur pire ennemi à distance et l’empêcher de nuire, ils avaient construit d’immenses digues. Eux ont tout fait pour sauvegarder leur héritage hors de l’eau.
Pour nous, travailleurs de l’amiante, l’héritage que nos ancêtres nous ont légué se résume à des souvenirs, mais à 1 500 pieds de profondeur, un investissement de plus de cent millions de dollars repose, noyé au fond de la mine souterraine sous des milliards de gallons d’eau.
Ce que justement les amis Hollandais ne voulaient absolument pas voir arriver à leur héritage collectif (Voir texte Différentes manières de voir les choses).
Quel supplice aura à vivre un invétéré fumeur s’il vient à manquer de ce « poison en bâton », il reprendra sa bonne humeur seulement lorsqu’ il en aura tiré une bonne pouff, ça, c’est calmant! Mais à quel prix?
Je reviens aux amis Hollandais, eux pour tenir leur pire ennemi à distance et l’empêcher de nuire, ils avaient construit d’immenses digues. Eux ont tout fait pour sauvegarder leur héritage hors de l’eau.
Pour nous, travailleurs de l’amiante, l’héritage que nos ancêtres nous ont légué se résume à des souvenirs, mais à 1 500 pieds de profondeur, un investissement de plus de cent millions de dollars repose, noyé au fond de la mine souterraine sous des milliards de gallons d’eau.
Ce que justement les amis Hollandais ne voulaient absolument pas voir arriver à leur héritage collectif.