Été 1953. Réjeanne McKeown travaille comme secrétaire au magasin de la Cie Johns-Manville. Son bureau est tout près de l’atelier mécanique où je travaille et à l’occasion, j’avais affaire à elle pour payer des objets personnels comme des gants de travail ou des bottines, etc. Ma sœur Bernadette va se marier dans 2 semaines et je n’ai pas d’amie pour m’accompagner. Je lui ai demandé de m’accompagner pour aller au cinéma pour le jeudi qui vient. Réponse affirmative. J’ai aimé la soirée et lui demandai si elle accepterait de venir aux noces de mon frère Paul-Aimé à Drummondville. Encore une réponse affirmative. Paul-Aimé, avant de connaître celle qu’il allait mariée, avait fait la connaissance de Solange, sœur aînée de Réjeanne et était sorti avec elle un trois mois. D’un commun accord, Réjeanne et moi avons mis fin à notre vie de jeunesse un certain samedi, le 17 septembre 1955. La famille McKeown était très connue à Asbestos, premièrement parce qu’elle résidait très près du couvent, du collège et de l’église Saint-Aimé. Aussi pour une autre raison : Charley McKeown était le seul échevin anglophone de la ville, et travaillait comme réparateur de pelles mécaniques dans le pit de la Cie Johns-Manville quand le syndicat déclencha la grève à Asbestos, en 1949. M. McKeown n’approuva pas ce mouvement de contestation, et devient scab, mot qui signifie en français « galleux ». Ce qui fait que les enfants se sont souvent fait appeler, « maudits scabs ». Pour notre voyage de noces, nous avons emprunté l’auto d’André McKeown, une Pontiac 1952, pour aller visiter « Ausable Casm » et l’état du Massachussetts. Au retour, nous sommes restés chez les parents de Réjeanne en attendant que notre nouvelle maison que nous avons fait construire, située au 305, rue Saint-Jacques à Asbestos soit terminée. Nous y avons vécu 8 ans pour ensuite acheter notre 2e maison juste au sortir de la ville sur la route #32 en 1963. L’année après y être déménagé, la voirie décida de réaménager la route #32 de manière à ne pas rentrer en ville pour aller à Wotton. La maison était en plein centre du futur tracé. Elle a été expropriée et vendue à l’encan public. Nous l’avons rachetée et déplacée sur un lot qui avait été vendue par une autre personne. Nous l’avons agrandie et j’espérais acheter la ferme de Ruth Coakley, une fois que ses tantes seraient parties. Je lui en ai parlé, elle me répondit qu’elle ne pouvait pas, car elle l’avait promise à M. Adrien Morin, son agent d’assurances, qui lorsqu’il allait à la chasse, lui rapportait un gros morceau d’orignal ou un gros saumon, s’il avait été à la pêche. Devant ce refus, nous avons décidé de regarder ailleurs.