Je ne me souviens pas pourquoi Roger n’allait pas à l’école cet hiver-là, c’était peut-être dû au fait que lorsqu’il revient de chez les Frères du Sacré-Cœur, il avait eu plusieurs « clous » et des furoncles. Il aidait Papa à couper du bois, ce faisant, il cassa son manche de hache et en a profité pour l’aiguiser. Il entre dans la maison, tout en parlant à Maman, il place la hache sous son bras, Bernadette, pleine de vie, et toujours agaçante, tient dans sa main une petite branchette, et le frappe dans le cou, lui, surpris, lève le bras et laisse tomber la hache qui tombe sur le nez de Laurier placé près de lui, ce qui lui causera une cicatrice qu’il conservera jusqu’à la fin de ses jours. Excuse-moi Roger si j’ai dit cela de toi, ce n’était pas par malice, c’était pour montrer que tu étais partout, tout le temps. Je me souviens aussi quand on restait à Sainte-Élizabeth, tu devais avoir 1-13 ans et avais dompté un jeune bœuf, tu te promenais avec dans la cour. L’hiver venu, même si nous avions des vaches, aucune d’elles ne donnait du lait, tu allais en traîneau tiré par « Buck » chercher du lait pour la maisonnée chez les Beaudoin, environ 2 ½ miles de chez-nous, ça froid ou pas froid. Je reconnais aujourd’hui la capacité et l’initiative de toi. Te souviens-tu d’un nommé Méthot qui était dans la même classe que toi et qui t’achalait tout le temps et il était plus grand et plus fort que toi, pour t’en débarrasser et avoir la paix, tu t’étais fait une « bague » avec une broche que tu avais enfilée dans ton majeur gauche et d’un bon coup de poing de ta gauche, tu l’avais mis KO. Tu avais eu la paix après. Salut à toi.