La chaleur – Fée de la nature!

La chaleur – Fée de la nature!

Regardons ce que la chaleur peut causer à certains éléments de la nature.

Le pain

Déposez dans un plat de la farine, un œuf, du sel, de la levure et un peu d’eau. Mélangez le tout que vous placez dans un four à chaleur contrôlée. Une heure plus tard, une très agréable odeur vous avisera que ce tas informe de pâte grisâtre est devenu un bon pain doré qui attend d’être dégusté. Quelle métamorphose!

Le sirop d’érable

Jacques Cartier, au retour de son deuxième voyage au cours duquel il hiverna au Canada en 1535-1536, rapporta à son roi, Jacques 1er un remède antigrippe de couleur foncée avec un goût sucré, et sirupeux contenant des grumeaux, que les amérindiens préparaient avec de la sève d’érable pour soulager les symptômes de la grippe. Comment, diable, pouvaient-ils faire évaporer la sève d’érable, eux qui n’avaient que des contenants faits d’écorce de bouleau qui ne demandaient pas mieux que de brûler au contact du feu, même pleins d’eau?  L’histoire du Canada que j’ai lu ne mentionnait rien au sujet de la méthode employée.

Mon curiosité légendaire est entrée en mode recherche

Examinons ce que j’ai trouvé et retenu comme plausible.

Comment les Amérindiens pouvaient-ils s’y prendre pour recueillir la sève de l’érable, eux qui n’avaient comme outils que des pierres tranchantes en guise couteaux et des tomahawks comme objets frappants? Rien de plus.

J’ai communiqué avec des plusieurs musées provinciaux et avec la Maison de l’Érable de la Montérégie pour recevoir la même réponse : « Sur ce sujet, nous ne pouvons vous aider ».

Les Amérindiens n’avaient rien de plus que ce que la Nature avait à leur offrir en ce temps de réveil à la Vie qu’est le printemps.

Je sais que la sève coule seulement lors de période de dégel, donc la terre glaiseuse au pied de l’arbre est aussi dégelée.

Je pense qu’en ayant une bonne poignée de terre glaiseuse et en la pétrissant pour la rendre assez malléable, pour en faire un genre de grosse moustache inversée, et en la pressant vigoureusement contre l’écorce, il est possible de faire un joint étanche.

La sève qui sortira de l’entaille faite un peu plus haut, à la base du tronc, glissera sur la moustache pour se jeter dans le contenant d’écorce de bouleau placé sur le sol.

Une fois l’eau recueillie, ils devaient faire un feu dans lequel ils plaçaient des pierres qui, une fois chaudes, étaient placées, une à une, dans le contenant de sève pour la faire évaporer pour cesser au moment où la consistance désirée était atteinte.

Analysons les échanges, invisibles à l’œil qui ont dû s’effectuer dans ce contenant d’écorce.

Les pierres chaudes ont fait évaporer une grande partie de l’eau de la sève, car tout élément de la nature se dilate en chauffant. Dans ce cas-ci, les molécules de l’eau s’infiltrent entre les molécules de l’extérieur de la pierre, action qui cause un échange de l’esprit de l’un vers l’autre. L’esprit étant ce qui est la partie la plus subtile, la plus éthérée d’un être, dans ce cas-ci, un minéral et un liquide.

Si les pierres choisies avaient été d’ardoise, la couleur aurait été plus sombre et le goût différent que si elles avaient été du quartz ou du granit, minéraux plus durs et de teinte plus claire, qui auraient donné un produit de couleur et de goût différents.

Voyez que même le minéral à l’esprit de son espèce qui peut en être soutiré de l’un et incorporé à l’autre n’aura rien de semblable aux deux matières d’origines différentes.

La partie liquide de la sève en s’évaporant contribue à augmenter le pourcentage de la partie sucrée restante. Les grumeaux sont des particules libérées du minéral qui contribuent à changer le goût et la texture de la potion curative. Le liquide transparent qu’était la sève s’est transformé en remède coloré au contact de la pierre chaude.

L’esprit de d’autres éléments naturels peut se transcender et devenir un produit d’une autre nature sous l’effet de la chaleur.

L’alcool

Placés dans un environnement à chaleur contrôlée, le jus de raisin ou certaines céréales additionnées de liquide vont devenir du vin ou de la bière par fermentation, selon des recettes particulières à chacune.

L’eau ajoutée à un amas de branches de cèdre placée dans un alambic, portée à ébullition va devenir vapeur qui au contact du métal va reprendre son état liquide qui sera vecteur de l’esprit du bois de cèdre que la ménagère avisée utilisera pour aromatiser l’air de sa demeure.

En employant le même principe avec le vesou, nom donné à la sève de la canne à sucre, le jamaïcain en distillera un liquide disponible à la SAQ dans la section « Spiritueux » sous le nom de rhum.

La fumée et ses bienfaits

Il ne faudrait pas oublier la fumée qui peut transmuter le muscle rosé et mou, le plus puissant d’un animal de 200 livres en une pièce de charcuterie délicieuse que l’on savourait anciennement à Pâques après un long mois d’abstinence de viande du Carême.

J’ai été élevé sur une ferme. Une fois, j’ai accompagné mon père chez le jambonneur qui a suspendu les deux fesses du cochon que j’avais nourri tout l’été, au sommet d’un édicule, à environ 3 pieds au-dessus d’un feu de bran de scie de bois d’érable humide.

La curiosité d’enfant que j’ai conservée jusqu’à aujourd’hui m’a fait demander : « M. Poirier, pourquoi votre cabanon n’a pas de grande porte pour y entrer, seulement deux carreaux un au-dessus de l’autre? ».

Fumoir d’époque

Il a été gentil le monsieur, il m’a expliqué ce que la fumée allait faire aux fesses de mon cochon et aussi comment elle était dangereuse et que c’était pour éviter le contact avec le poison qu’elle dégage qu’il avait érigé ces deux petites ouvertures. Celle du bas donnait accès au feu tandis que celle du haut lui permettait de tirer à l’extérieur un support coulissant pour y suspendre les morceaux à jambonner.

De cette manière, je n’ai jamais de contact direct avec la fumée. « Tu sais, mon jeune, ça fait longtemps que je fais ça, c’est mon père qui m’a montré à boucaner le jambon. » C’était la méthode employée par les indiens pour conserver leurs gros morceaux de viande et pour en éloigner les moustiques en été.

Après un tel traitement, la viande est devenue imputrescible, car la fumée a tué tous les microbes. « Merci beaucoup de vos renseignements, M. Poirier. »

Voyez comme l’exposition passive du muscle le plus puissant d’un animal de 200 livres à la fumée tiède du bran de scie humide de bois d’érable mérite toute notre attention.

Par le simple effet que ce volumineux muscle INERTE soit exposé à la fumée tiède va le modifier en profondeur jusqu’à l’os et, en changer la saveur; sa teinte rosée est brunie et sa peau souple rendue très épaisse et raide comme du cuir, bonne seulement à être jetée au chien qui pratiquera ses mâchoires.

À une éventuelle blessure dans la partie jaunie d’un de ses doigts, la guérison serait beaucoup plus lente que n’importe où sur le corps d’un fumeur, car la vie serait sortie de cette partie de sa main.

Après un traitement d’une durée de moins de 2 semaines, les fesses du cochon étaient devenues du jambon. Même le nom a été modifié, car la pièce de viande n’est plus la même, la fumée l‘avait métamorphosée, seulement l’os avait résisté au traitement.

La fumée tiède du bois a agi comme vecteur pour monter le goût fin du bois d’érable au travers de la chair jusqu’à l’os.

La fumée et ses méfaits

Que serait-il arrivé si la situation avait été différente; au lieu du bran de scie humide, un farceur insouciant des conséquences y avait substitué du tabac sec et au lieu du cabanon au haut duquel les pièces de viande étaient suspendues, cela avait été le thorax renfermant les poumons d’un fumeur?

Regardons « Pit »  (nom fictif), griller une cigarette.

La peau de ses deux doigts, qui la tiennent au moment où elle est la moins chaude, est devenue de couleur brun-jaune et raidie.

Il porte la cigarette à sa bouche et prend une profonde inspiration qui cause une grande augmentation du degré de la chaleur; c’est à ce moment qu’il inhale la fumée jusqu’au fond de ses poumons. La chaleur de cette intensité peut causer un incendie si la cigarette tombe sur une matière inflammable.

Son haleine dégage une odeur qui incite un invité à rester à distance. Même les abeilles abhorrent la fumée qui dérègle leur système nerveux; dérèglement connu des apiculteurs qui en profitent pour « voler »  leur miel en toute quiétude.

Voyez, dans le cas du jambon, la fumée était tiède et provenait d’un feu situé à 3 pieds plus bas.

À la fumée brûlante, qui est un poison en elle-même, s’ajoute un autre poison, un des plus violents de la nature : la nicotine. En plus, à ce brûlant duo empoisonné, s’ajoute l’invétérée habitude de consommer toujours davantage dont elle est la cause.

À partir des vibrisesses, ces poils qui tapissent les fosses nasales, ce très chaud amalgame délétère s’engouffre dans les tissus humides et très délicats des voies respiratoires et des poumons spongieux qu’il assèche et durcit au point qu’ils ne peuvent plus oxygéner et filtrer le sang qui a pour mission de nourrir les différents organes du corps.

Faites une petite expérience lorsque vous irez à la salle de toilette. Au lavabo, inspirez l’eau contenue dans une de vos deux mains en prenant une profonde inspiration; ensuite chassez-la par une rapide expiration.

Laissez sécher sans rien essuyer, retournez une heure plus tard, passez la main sur le contour intérieur du lavabo, vous constaterez la présence de grumeaux séchés provenant de la poussière de votre résidence qu’a retenu les vibrisses de vos fosses nasales. Si vous étiez un fumeur, ces particules-là seraient assemblées au fond de vos poumons, car votre système respiratoire « jambonné » n’aurait pas pu les retenir.

Ces filtres que sont les tissus délicats des poumons sont devenus de la couenne comme celle du jambon, tellement épaisse et rigide que des experts ont prétendu qu’ils étaient devenus pétrifiés.

Si le fumeur travaillait dans des endroits où il pouvait être en contact avec de l’amiante et lui donnait le titre d’amiantosé.

Les organes alimentés de sang non purifié donc empoisonné, il n’est pas surprenant qu’ils occasionnent un enchaînement de maladies ou malaises létaux.

Regardons le comportement de Pit, que j’ai connu, qui brûle plusieurs cigarettes, voire paquets, par jour.

En se levant, pour saluer le jour naissant, il va griller une « bonne cigarette », et ce, souvent avant de déjeuner jusqu’au coucher. À l’époque, il se vantait d’allumer la nouvelle avec celle qu’il jette, car c’est une marque de virilité que de fumer jusqu’à 3 paquets par jour.

Supposons qu’il dort 8 heures, il lui reste 16 heures incluant les heures de repas pour griller ses 60 « bâtons de mort »  à raison d’un au quart d’heure.

Comportement qu’il va scrupuleusement respecter 7 jours par semaine, au travail comme à la maison. Arrivent les vacances, il va arrêter de travailler, mais, jamais de fumer.

Habitude invétérée qu’il pratique depuis plusieurs décennies.

La cigarette et l’amiante

À tous les ans, la compagnie Johns-Manville envoyait ses nombreux employés, à un certain moment – près de 3,000, passer des tests à sa clinique privée pour connaître leur état de santé général.

Les médecins étaient consciencieux; s’ils détectaient une anomalie, ils leur suggéraient de consulter leur médecin de famille. Si cette anomalie concernait les poumons, le travailleur était orienté vers la CSST à Montréal pour une investigation exhaustive.

La fumée du fumeur

Si le « malchanceux »  Pit était reconnu amiantosé, il allait être retiré du travail et compensé comme  « Victime de l’amiante », amiante = minerai dangereux, à bannir.

C’est ce comportement social que nous avons créé pour compenser ces gens qui volontairement ont pratiqué une habitude invétérée que nous, syndiqués de l’amiante, avons fait reconnaître comme maladie industrielle auprès des autorités gouvernementales.

Les compagnons de travail qui, comme moi, n’ont jamais annihilé leurs poumons n’ont eu de récompenses, ni de félicitations de personne alors que Pit prit une retraite précoce avec compensation à cause d’une maladie dite  « industrielle » avec la sympathie du grand public.

Fait à remarquer, Pit n’est plus là pour vanter sa virilité, mais nous, non-fumeurs, avons été témoins de ses derniers moments où chaque respire était rendu un supplice avant que le spécialiste lui installe une bombonne à oxygène pour remplacer ses poumons jambonnés.

Qui oserait sévir officiellement contre le tabagisme qui était, et est encore, un des plus grands responsables de très nombreuses maladies au niveau mondial dont a vanté les effets psychotropes sans tenir compte de ses effets négatifs causés à ses usagers à travers les âges.

Peu importe ce que le fumeur consomme, tabac ou cannabis, la fumée est un autre poison dangereux que les pompiers ne combattent jamais sans leur masque.

Le pire des non-sens serait de voir un pompier qui, une fois l’incendie éteint, aurait retiré son masque pour griller une bonne cigarette pour se reposer après avoir combattu ce qui était dangereux, il y a quelques instants.

Si respirée au travail, la fumée est un poison et les maladies qu’elle cause sont compensées.

Si inhalée comme loisir, elle est savourée avec grand plaisir et à la satisfaction de notre gouvernement qui y voit une source importante de revenus, voire, l’encourage en y facilitant l’accès en la légalisant, tout en ignorant sciemment les coûts faramineux qu’il débourse en soins de santé.

N’y voyez-vous pas un non-sens volontaire?

Pour me renseigner sur la manière moderne de fumer le jambon, je me suis rendu à  La Jambonnière de Saint-Rémi-de-Tingwick, au Centre-du-Québec, charcuterie reconnue pour la qualité de ses produits.

Le propriétaire m’a dit qu’il plaçait les pièces de viande dans une saumure en cours de fin de journée et que le lendemain matin, il les retirait pour les suspendre dans la jambonnière, chambre isolée et hermétique, légèrement chauffée au bran de scie humide de bois d’érable pour en être sorties vers la fin du jour.

La prochaine fois que vous mangerez du jambon, remarquez l’épaisseur et la raideur de la couenne qui n’a été qu’environ 16 heures exposée, inerte, à la fumée tiède, selon les directives de la recette moderne.

Imaginez ce que serait cette savoureuse pièce de viande si elle avait été « oubliée » pendant des années dans la jambonniére qui aurait été le thorax d’un fumeur.

La douce satisfaction de griller « une bonne » cigarette devient un mirage qui cache une série de maladies à la personne qui prend l’habitude de consommer.

Lequel des 2 deux aurait dû être considéré dangereux et à bannir? L’amiante que rien ne peut égaler en efficacité ou le tabac qui cause moult maladies?

Charles Émile

Images repiquées d’internet


Prochain rendez-vous le 3 juin!