Appel aux anciens travailleurs des mines d’amiante

Suite et fin de mon dossier sur l’amiante!

Ce texte est un article écrit par une journaliste suite à une entrevue qu’elle m’a accordée l’an dernier. Suite à notre rencontre, elle a pris contact avec la direction de la santé publique régionale et a rédigé cet article qui a été approuvé par la direction de son journal. Cependant, il n’a jamais été publié…  comme vous le savez, l’amiante a tellement mauvaise presse! 

ASBESTOS – Il y a quelques décennies, fumer était un signe de virilité et même encourager selon Charles Giguère. Mais ce n’est pas la seule chose que prétend l’ancien employé minier d’Asbestos. Ce serait aussi cette mauvaise habitude qui aurait fait en sorte que plusieurs de ses collègues aient été affectés par l’amiante et du même fait contribué à donner mauvaise presse à ce minerai.

Il souhaite aujourd’hui retrouver des gens qui, comme lui, font partie de la première génération témoin des mines d’amiante et sont encore vivants. Ils ciblent ainsi les travailleurs ayant œuvré aux environs des années 1945 et après. Selon lui, ils auront un même point commun : ne pas être des fumeurs. M. Giguère célébrait en novembre dernier son 85e anniversaire et est toujours en bonne santé, pratiquant encore régulièrement le vélo.

« Ce sont nous, travailleurs syndiqués de l’amiante qui avons créé ce mythe pour obtenir des compensations à nos compagnons qui avaient l’habitude fumer pour certains trois paquets par jour », explique celui qui a œuvré 38 ans pour le compte des minières CJM et Mine Jeffrey à Asbestos.

Selon lui, c’est le tabac, en affaiblissant les défenses naturelles des poumons, qui a permis à l’amiantose d’affecter ceux qui fumaient.

L’avis des médecins

À la direction de la santé publique de l’Estrie, on affirme que la combinaison amiante et tabac multiplie notamment les risques de cancers, en spécifiant qu’un non-fumeur exposé au minerai peut tout aussi bien développer ces maladies.

« L’amiantose n’est pas causée par le tabac, mais bien par l’amiante. Selon un document de l’Institut national de santé publique du Québec, on ne peut pas conclure que la combinaison tabac et amiante augmente le risque d’amiantose. Par contre, une personne pourrait être atteinte à la fois d’amiantose et d’une maladie pulmonaire causée par le tabac, et donc avoir plus de symptômes que si elle avait seulement une amiantose », explique Docteure Linda Pinsonneault, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive à la direction de santé publique de l’Estrie.

Elle souligne du même fait que toutes les formes d’amiante ont été reconnues comme cancérigène par l’Agence internationale de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé.

Défaire le mythe

De son côté, Charles Giguère espère rallier ces gens non-affectés par l’amiante afin de mettre en lumière les effets de l’abus de cigarette qui a notamment contribué à augmenter le risque de maladie chez les travailleurs des mines d’amiante.

À l’époque, lui et quelques collègues avaient d’ailleurs décidé de monter un groupe pour sensibiliser les travailleurs aux dangers du tabac. Le projet avait été tué dans l’œuf alors qu’un représentant syndical avait rejeté l’idée.

« Fumer était tout simplement encouragé. On avait même reçu en cadeau un briquet et un carton de cigarettes alors qu’on avait passé une année sans accident avec pertes de temps », ironise-t-il.

Il est possible aussi que les compensations attribuées aux employés touchés par l’amiante poussaient certaines personnes à vouloir en profiter. « Mon frère en a vu prendre une pincée et dire ‘’Y’pourront pas dire que j’en ai pas le corps’’ ». Il faut savoir que les montants étaient alloués en fonction du pourcentage atteint des poumons.

Ainsi, les anciens travailleurs de mines d’Asbestos et de Thetford Mines de l’époque de l’après-guerre sont invités à communiquer avec Charles Giguère. Il est possible de le joindre par téléphone au 819 716-0388 ou par courriel à mckgig6723@gmail.com