Avril 1969. On déménage sur la ferme. Le printemps est très hâtif, 15 jours après c’est le début des semences. Le travail ne manque pas. Un soir, je travaille à herser, il est tard le champ à ½ miles de long, je remarque des lumières dans mon champ et trouve ça pas normal. Un voisin, Jean-Claude Brodeur, s’en vient dans ma direction, rendu à mon niveau, j’arrête. Il me dit : « La météo annonce de la pluie pour demain et tu n’auras pas le temps de finir si tu es seul. Le hersage fini, la semence terminée, il est 9 heures. La pluie commence. Il a passé la nuit à m’aider. C’est de même que l’on s’entraide même si c’est un nouvel arrivant. Un autre voisin rendu au temps des tomates qu’il cultive avec sa nombreuse famille vient me voir : « J’ai fini de planter mes 22 000 plants et il m’en reste 7 000 plants, si tu les veux je te les donne ». Merci de votre générosité. Pour avoir de belles grosses tomates, un autre voisin m’a conseillé un « tel produit », peut-être que j’en ai trop appliqué, résultat : les tomates sont trop grosses pour les mettre dans les paniers. Sur une tranche de pain, elles débordent de chaque côté. Il m’a fallu faire les rangs pour les offrir. Une fois les récoltes terminées, je m’affaire à drainer 100 arpents de terre. À l’automne, tous les travaux terminés, je travaillerai à Saint-Damase dans une usine de fabrication d’équipements industriels.