Le coffre à crayons

J’étais en première année, j’allais à pied à l’école qui était à ½ mile de la maison. Il arrivait souvent que j’arrivais les mains sales, parfois le bec aussi, la maîtresse faisait une ronde le matin pour voir les négligents et mon nom était sur sa liste, ceux-là avaient un coup de règle sur les doigts. « AHUV, va te laver les mains. » Je n’étais pas brillant, j’avais des notes moyennes. Pour ma première année de classe, grand-mère Odélie m’avait donné un crayon noir, pas d’efface, qui coûtait une cent l’unité, j’en étais très content, car c’était la première fois que j’avais un cadeau d’elle.
Dans mon bagage d’écolier, j’avais aussi un autre crayon avec une efface et une grosse efface, c’est tout ce que je plaçais dans le fond de mon sac. Quand ma maîtresse a constaté ça, elle me donna un coffre à crayons. AH, QUE J’ÉTAIS HEUREUX! « Je vais le montrer à Papa et Maman à soir. » J’arrive à la maison, ouvre mon sac, le coffre n’est pas là. QUELLE DÉCEPTION! Je sors dehors, le cherche, car j’ai dû l’échapper du sac en m’en venant. Je vois quelque chose de noir sur la neige au loin. « Tiens, il est là-bas. » Je pars en courant. J’arrive à la tache noire, grande déception, c’est une crotte de cheval. « Maudit, non, j’ai perdu mon coffre, non, non » J’ai pas dit maudit, car c’est péché, j’ai dû dire autre chose. Je suis bien peiné à l’école le lendemain. « Mademoiselle, j’ai perdu mon coffre hier, je ne l’ai pas retrouvé. » Je m’en vais m’asseoir à mon pupitre, pose mon livre sur sa tablette, et constate que je l’avais oublié dans mon pupitre la veille. « Hé, mademoiselle, il est ici, je l’avais oublié! » Plus de soixante-dix ans plus tard, je le revois ce quelque chose de noir et mon coffre dans le pupitre. Je l’ai perdu maintenant et ne le cherche plus, je ne sais pas où il est.

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