Nicaragua – Suite et fin de mon voyage

Autres réalités, autres moeurs, autres végétations…

Un séisme de très grande puissance qui a dévasté la région en 1972  a jeté au sol le corps de la cathédrale, seuls les deux clochers ont résisté à sa fureur.

Nicaragua – Cathédrale de Managua

Les édifices de pierres ou de maçonnerie qui supportent des cloches ont une structure résistante au pouvoir destructeur des vibrations des ondes sonores dégagées lorsqu’elles sonnent; habituellement, elle est constituée d’un empilage de poutres de bois et clouées les unes aux autres, supportées par un ensemble de grosses pierres enfouies profondément dans le sol. Plus grosse est la cloche, plus grand est le pouvoir destructeur des ondes sur le lien qui unit les pierres de la construction. Voilà pourquoi les poutres de bois clouées sont préférées pour ce genre de support résistant à un séisme.


Nicaragua – autobus russe

L’Organisme qui nous reçoit a mis à notre disposition un vieil autobus russe de 1967, donc, âgé de 32 ans, n’a pas grand luxe à offrir.

Le conducteur assis à côté du bruyant moteur diesel qui en occupe le devant semble faire des bye-bye aux passagers chaque fois qu’il déplace le très long levier de changement de vitesses; cette longueur inhabituelle est due au fait que du pare-brise jusqu’au bout de la transmission, la distance est plus de 6’ pieds. Ce qui lui cause un étirement extrême du bras droit et un débalancement arrière du corps pour mouvoir le levier à chaque changement de vitesse. Il répétera ce mouvement inhabituel de gymnastique, le moteur n’est pas puissant et les routes en très mauvais état.


Il pleut, la pluie vient à bout de nous rejoindre, car le toit de notre autobus russe coule, ce qui donne une excuse à Jean-Marc pour se rapprocher de Pierrette, son épouse et organisatrice du voyage, qui célèbrent leur troisième anniversaire de mariage.

Nicaragua – Pierrette et Jean-Marc, nos organisateurs


Un coin du réfectoire. Au toit, il manque une feuille de tôle, a-t-elle enlevée pour que le soleil rejoigne la plante plus facilement et quelle puisse s’épanouir librement et grandir en hauteur?

Réfectoire du Centre communautaire


Les gens sont superstitieux et croient que les mauvais esprits vont fuir si l’on fait du bruit, donc à toutes heures, du jour ou de la nuit. Du bruit, on en fait avec trois genres d’explosifs : un simple pétard très sonore, un autre qui ressemble au bruit d’une vraie bombe, privée de son effet dévastateur et le dernier est comme celui d’un moteur de moto Harley Davidson en plein effort privée de son « muffleur » pendant une trentaine de secondes et ceci partout où il y a rassemblement, même sur le parvis de la cathédrale, après la grande messe de la patronne du diocèse, Sainte-Anne.

Nicaragua – nombreuses bombas

Nicaragua – Fanfare et bombas


La population, déjà pauvre, a reçu de l’aide matérielle et financière pour se relever de cette dure épreuve, entre autres pour reconstruire de nouvelles maisons. Voyez un projet très prometteur de bâtir un nouveau quartier dans un endroit où il n’y pas de rue, ni aucun service d’offert! Sur une cinquantaine de fondations, seulement dix maisons ont étés construites et potentiellement habitables. Que fera-t-on de ces solages inutilisés et de ces maisons à demi-construites depuis plusieurs années??

Nicaragua – construction de maisons

Après l’ouragan Mitch – constructions inachevées


Ceci est un seul et unique arbre dont les branches se courbent vers le sol et retigent pour remonter plus loin pour reformer un nouvel arbre. Toutes ses parties sont venimeuses et tiennent à distance toute autre végétation.

L’arbre le plus proche m’a semblé avoir deux troncs différents mais imbriqués l’un dans l’autre, c’est à n’y rien comprendre. Le plus éloigné a un tronc très court d’un diamètre immense dont les branches forment un bouquet de plus de 50’ pieds de large. Souvent, ils ont un tronc plus grand en diamètre qu’ils sont hauts et peuvent vivre plus de 1 000 ans.

Nicaragua – Deux arbres à troncs différents


Un incident qui aurait pu m’être fatal!

Quelques jours avant mon départ, un responsable du centre m’avait invité à prendre un repas chez-lui au cours d’une journée particulièrement chaude. J’avais remarqué que la résidence n’avait pas de ventilation. Pour le remercier de sa gentillesse, je lui offris mes services pour corriger la situation en posant deux aérateurs de ma fabrication sous le toit de tôle. Il me fournit tout le nécessaire, excepté les clous que le marchand a déposés dans un cône fait de papier-journal.

La pose de l’aérateur avant a été facile; je ne pourrais pas en dire autant pour l’autre à l’arrière. L’espace entre la maison et la clôture de ligne est 5’ pieds et la clôture à 6’ pieds de haut. L’échelle de 8’ pieds de haut, même si son pied est collé à la clôture, est à un degré très prononcé. L’instrument idéal aurait été un escabeau que je n’avais pas.

À chaque fois que je monte, mon pantalon s’accroche à un pique de la deuxième broche piquante et je n’ai personne pour me servir. La percée du trou et la pose du cadre ont étés faciles. Pour le clouage des planchettes, ce fut différent : je saisis le marteau d’une main et la planchette de l’autre et me faufile entre l’échelle et la clôture, rendu au haut, je les place dans la main droite tandis que de la gauche, je fouille dans la poche de mon pantalon pour prendre des clous.

Voilà que la planchette glisse et tombe! Je fis un mouvement rapide pour la retenir.  Ce qui m’a débalancé et je partis à la renverse. Instinctivement, je fis le mouvement de m’accroupir pour baisser mon centre de gravité et tombai assis sur les branches de l’Y formé par les branches de l’arbuste imbriqué entre les broches.

Nicaragua – arbre en Y, mon sauveur nicaraguéen!

Une fois l’assemblage terminé, je le couvris d’une moustiquaire. L’ouvrage m’a semblé être réussi malgré les difficultés vécues.

Merci, les branches pour votre accueil improvisé, j’espère que personne d’autre que moi ne vous aura employé comme siège, car on est mal assis, croyez-moi!

Le soir venu, je revécu, en pensée, mon aventure et réalisé combien j’avais été chanceux que cet arbuste ait été sur la trajectoire de ma chute. S’il avait été seulement à six pouces de cet emplacement, j’aurais continué mon mouvement de renverse pour me retrouver la tête vers le bas d’un côté et les jambes pliées avec les pieds embarrés dans les barreaux de l’échelle de l’autre côté de la clôture! Le poids de mon corps supporté par l’arrière de mes genoux en contact avec les piques de la clôture! Combien de temps aurais-je pu supporter cette fâcheuse position avec peu d’espoir d’avoir de l’aide, car les occupants étaient absents et l’endroit n’était pas visible de la rue?

Merci, M. l’Émondeur pour avoir pris la précaution de tailler les branches en forme de Y, ce qui me sauva la vie, car si vous l’aviez étêté, toute la pesanteur de mon corps aurait reposé sur ce tronc de un pouce de diamètre à un endroit secret de mon anatomie, par où passent en ruine, les délices de la cuisine. Je me serais empalé moi-même! Que serais-je devenu???

La nuit est venue, mais le sommeil, lui, a tardé à venir.

C’est la première fois que je raconte cette aventure qui aurait pu m’être fatale.


Le surlendemain, je prenais l’avion pour rentrer voir ceux que j’aime et leur parler des bons moments de mon voyage.

Tous les membres de notre groupe d’aidants ont apprécié leur séjour dans ce pays tropical. Le tourisme est peu développé, même si le taux de criminalité est le plus bas de l’Amérique Centrale. Les gens sont chaleureux et accueillants.

VIVA EL NICARAGUA!

Le 3 octobre prochain, je vous invite à un autre sujet de mon cru!

Bon mois de septembre!