Le journaliste Burton LeDoux, fils d’émigrants québécois établis aux USA, s’intéressa en premier, au sort des travailleurs de la mine Canada China Clay and Silicate située dans la région de Saint-Jérôme. Les conditions de travail étaient exécrables, la plupart d’entre eux souffraient de silicose, si l’un d’entre eux devenait invalide, tout simplement, il était remplacé sans compensation.
Les 500 employés n’avaient pas de syndicat et devaient se contenter du salaire et des conditions de travail qui leur étaient offerts, si l’un d’eux osait se plaindre, la réponse était : « On ne peut pas vous offrir plus, car on serait obligé de fermer ». Le journaliste LeDoux décida d’alerter le public de cet état de chose dans la revue Relation, éditée et publiée par les Jésuites. Devant le tollé public, les propriétaires ont tenu leur promesse. Tout a été rasé et tous les employés mis au chômage, sans compensation. Le gouvernement du temps, sous le contrôle de Maurice Duplessis qui était pour le respect de la loi et l’ordre établi, est resté sans pitié pour les travailleurs.
Le journaliste avait entendu parler de la situation des travailleurs de l’amiante à East-Broughton, dans la région de Thetford-Mines qui avaient des conditions similaires de travail. Là, au lieu d’être aux prises avec la silicose, c’était l’amiantose qui faisait des ravages. N’écoutant que son courage, il vola à leurs secours. Dans ses recherches, à sa grande surprise, il constata que les deux compagnies étaient des filiales du groupe financier Timmins avec qui le gouvernement de l’Union Nationale venait de lui ouvrir les portes de l’Ungava avec des conditions très avantageuses pour amener la prospérité dans cette région qui en avait bien besoin.