Crise d’épilepsie
Fin octobre 2010, un vendredi, je me couche tôt, car je me sens fatigué, je m’endors tôt, quand mon épouse Réjeanne vient me rejoindre au lit je n’en ai pas connaissance. Au milieu de la nuit, elle se réveille à cause de mes mouvements brusques, je crie de douleur, elle s’empresse d’appeler l’ambulance qui m’amène au CHUS. Le lendemain fin d’après-midi, je reviens à moi!
Lorsque j’entends une voix féminine dire : « Monsieur, savez-vous où vous êtes? » Je regarde autour de moi, tout le monde est vêtu de blanc, une garde malade est assise, moi je suis debout, Réjeanne est là près de moi, je réponds : « Je suis à l’hôpital ».
Je me souviens d’avoir eu plusieurs examens, surtout du dernier où j’ai dû me coucher et être attaché à une civière avant d’y être poussé à l’intérieur. Je me suis réveillé dans mon lit. Le lendemain, un préposé m’emmena dans le bureau d’une dame médecin qui me dit : « Monsieur, ça fait 10 jours que l’on vous examine et n’avons rien trouvé » et rajoute : « Vous allez me trouver curieuse, avez-vous été frappé sur la tête au cours de votre vie? » Je lui réponds à la négative, pas dernièrement, mais en 1968, (il y a 42 ans) j’ai eu un accident d’auto et j’ai eu une ecchymose au haut du front en lui pointant du doigt une tache brune que j’ai conservée. Elle répondit : « Ah! Je comprends, vous avez fait une commotion cérébrale à ce moment-là et cela vient de vous causer à retardement une crise d’épilepsie avec multiples convulsions, je vous prescris une médication que vous devrez prendre à tous les jours de votre vie et avoir un suivi médical trimestriel. »
Accident 2 novembre 1968
Par un beau samedi ensoleillé, je conduis mon auto sur une route de campagne à une vitesse d’environ 60 miles à l’heure, je m’apprête à entrer dans une grande courbe peu prononcée lorsque j’aperçois une auto qui me semble rouler très vite venant vers moi, je diminue de vitesse à environ 20 miles à l’ heure et me dirige vers la droite pour lui laisser le maximum de route possible, je roule sur l’épaulement.
Quand l’auto qui vient vers moi sort de la courbe, je constate qu’elle aussi roule sur le même épaulement que moi, si elle ne revient pas dans sa voie, ce sera un face à face. Je n’ai qu’une fraction de seconde pour décider, si elle n’y retourne pas de son côté, moi j’y vais, je donne un rapide coup de volant vers la gauche, son auto frappe la mienne juste en arrière de la roue avant droite. Sous la force du coup, je m’évanouis.
Lorsque je reviens à moi, combien de temps après le choc je ne le sais pas, mon auto est en position perpendiculaire à la route, le devant appuyé contre l’épaulement du fossé, l’arrière empiète dans la voie où l’autre auto aurait dû passer.
La portière avant droite ouverte, mon frère est couché dans 4’’ po d’eau froide (nous sommes en novembre), la tête contre un gros caillou, à l’arrière. Côté gauche à l’arrière, le passager-mon neveu est inconscient, abasourdi, mais sans blessure apparente. Côté droit à l’arrière, mon neveu par alliance est inerte. Je me suis trouvé chanceux, car j’avais bouclé ma ceinture de sécurité, je me suis frappé la tête, je ne sais où, ce qui me causa une enflure à la base du cuir chevelu. Bilan : un mort (mon neveu par alliance), un blessé qui souffre d’une fracture de la colonne à la base des vertèbres cervicales et moi qui ne semble n’avoir rien d’apparent. Je regarde autour pour voir l’autre auto, j’en vois une stationnée de travers sur le centre de là à environ 150 pieds plus loin, je présume que le conducteur s’est enfui. Ce fut le cas. Il fut retrouvé, il s’appelait Clawrence.
Procès de Clawrence
Clawrence est accusé d’avoir conduit une auto en état d’ébriété et d’avoir causé la mort. Il a été condamné à la prison pour trois mois, a dû payer une amende et a perdu son permis de conduire pour deux ans.
Plus tard, j’en saurai plus sur le contexte de l’accident. C’est un jeune homme bien, début vingtaine, marié avec un enfant, a son emploi, est chef de son équipe. C’est samedi matin, il a travaillé de minuit à 8 heures et, avec ses amis, il a été déjeuné à l’hôtel. Je présume qu’il a trop pris de « café fort ». L’après-midi, lui et ses amis décident d’aller jouer au hockey. Vu qu’il demeure à l’extérieur de la ville, il s’empresse d’aller chercher son équipement chez lui, c’est à ce moment que nos autos se sont rencontrées.
Ce que je vous explique maintenant peut vous sembler hors contexte, mais si vous suivez mon raisonnement, vous allez comprendre le lien que j’établis et où je veux en venir. C’est le principe du boomerang. Toute liberté a son revers. En découle des conséquences qui ne sont souvent pas toujours apparentes sur le coup. On est libre de fumer, on est libre de boire, on est libre d’agir à notre guise.
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