Chers lecteurs et chères lectrices, je poursuis plus en détail sur mon voyage humanitaire que j’ai fait au Nicaragua, en 1999.
Nous sommes partis en fin de juillet 1999 de l’aéroport de Dorval avec changement d’avion à Houston pour arriver à Managua en fin de soirée. Le joyeux groupe était bien là, mais sans les bagages qui lui seront remis que trois jours plus tard.
Sur la carte géographique, la grande flèche noire indique le lieu où nous avons été
reçus : Nandaimé, près du lac Nicaragua qui a, du nord-sud, 175 km de long, large de 75 km dans sa plus grande dimension. Un peu plus au nord-ouest se trouve la capitale nationale, Managua. Notez l’étroitesse de la bande terre qui sépare la rive du lac, de l’océan Pacifique qui consiste en une série de montagnes inhabitables d’environ d’une vingtaine de kilomètres de large.
J’ai fait un petit montage avec les photos que j’ai prises lors de mon séjour à Nandaimé que j’agrémente de mes commentaires explicatifs.
M. le curé de Wotton, Gérard Bégin, et moi avons chambré pendant une semaine dans la résidence de Maria, dame active dans la communauté.

Sa cuisinière se réduit à un tas de terre dans un coin de la maison construite de blocs de ciment, donc le feu de branchailles cueillies le matin n’est pas une menace d’incendie. La poêle à frire, en fonte, à sa droite, m’a semblé être le seul article culinaire pouvant résister au feu de la cuisson. Remarquez, à la gauche de Carlo, les pièces de bois en forme de carré servent de supports pour éloigner la poêle du feu. Les écailles d’œufs qui trainent sur la cuisinière ne seront pas jetées à la poubelle, mais écrasées et données en nourriture à la poule qui les recyclera pour ses futurs œufs. La fumée du feu qui sort de la cuisine par l’espace entre le haut du mur et la base du toit ajoute sa couleur sombre pour décorer ce coin de la résidence.

L’autre partie avant de la maison, servant de salle à manger, est meublée de façon plutôt simple : une table faite de bois rugueux supportée par 4 pattes de longueurs inégales, reliées à la base entre elles par des planchettes qui, le soir venu, servent de perchoir au coq et à la poule qui y sont attachés avec une courte corde; qui, pendant le jour, sont à l’extérieur; encore attachés par une patte avec une corde, plus longue celle-là, à un arbuste à côté duquel sont les plats d’eau et de nourriture et peut-être, aussi, des restants de cuisine, s’il y en a. J’allais oublier les écailles d’œuf écrasées.
Pour compléter la liste des meubles, j’ajouterai deux chaises et un banc sur lequel sont assis Robert, Carlo et Maria.

Dans la résidence de Maria, les 3 pièces dont le plancher est de terre battue sont éclairées par 2 ampoules électriques, une à l’extérieur, au-dessus de la porte d’entrée, l’autre est placée au centre, au-dessus de la cloison, plutôt basse qui sépare la cuisine des deux chambres à coucher, accrochée au toit de tôle de manière que l’unique ampoule éclaire tout l’intérieur des 3 pièces. La résidence est desservie par l’aqueduc municipal qui a posé l’unique chantepleure à 4 pieds à l’extérieur, près de la porte d’entrée. Chacune des deux chambres à coucher, a son hamac et une chaise, pas de couverture, ni taie d’oreiller, rien d’autre.
Quant au service d’égout municipal, c’est pas compliqué : on verse le contenant dans le coin, sur le sol; l’eau semble savoir où aller d’elle-même, elle prend naturellement la direction de la rue. De toute façon, on en consomme peu, il n’y a pas de chauffe-eau, pas de douche, pas de bain, rien qui ressemble à une laveuse à linge, excepté quelque chose qui pourrait être un lavoir situé près des bécosses, à une vingtaine de pieds à l’arrière de la maison. Le quartier que nous avons visité et vécu était pauvre, mais je présume fortement que les services municipaux et les résidences des sections plus cossues étaient plus modernes que celui-là.
Je suis seul depuis quelques jours, le groupe est parti dernièrement, je décide d’explorer les alentours, dans cette ville de 30 000 âmes, je reste ébahi de constater qu’il n’a pas de nom pour identifier les rues, ni de numéro aux portes des maisons.
Tout à coup, un troupeau de vaches s’en vient à ma rencontre; j’arrête, les photographie et me demande d’où peuvent-elles bien venir, elles semblent bien calmes
et ignorent ma présence. Je les envie un peu ces bêtes guidées par un savoir primitif et d’instinct naturels, moi, qui me pense intelligent et ai le sentiment d’être égaré alors qu’elles savent où se diriger ayant personne pour les guider. Mon EGO d’être humain a été humilié.
Je vais poursuivre mon récit de voyage au Nicaragua dans mon prochain blogue du mois d’août.
Bon mois de juillet à toutes et tous!