Christophe Colomb n’est plus le grand Amiral de la mer Océane, il n’est que le capitaine de la caravelle qu’il a nommé La Capitana.

La Capitana – Caravelle 2
L’équipage de ses 4 caravelles de fortune est formé de 150 marins dont la moitié a moins de 16 ans. La traversée qui n’a rien de remarquable le mène le long des côtes de la Terra Nova toujours à la recherche d’une route qui le mènera vers les Indes et Cipangu (le Japon décrit par Marco Polo, son obsession). En mandarin le mot utilisé pour désigner le Japon fut noté par Marco Polo comme étant Cipangu ou Cypango. Cette forme correspond au chinois moderne ??? rìb?nguó (« pays de la racine du jour »).
Il note tout, observe tout et ne dialogue que très peu avec ses marins, son confident est son fils Fernando. Une goélette a une avarie qui la met hors d’usage; l’équipage est réparti sur les autres. Une deuxième devient inutilisable, car elle est perforée par les carets, des vers qui grugent le bois de la carène, ce qui la rend inutilisable. Il est forcé de faire monter ses hommes sur les autres navires. Ça fait plus d’une année que la flottille fouille le rivage et n’a rien trouvé, pas d’or, et pas de passage vers l’Ouest. Le moral des équipages, qui souffrent de promiscuité, est à son plus bas. De plus, les vieilles nacelles, beaucoup sont moins sécuritaires qu’elles n’étaient au départ, sont devenues inutilisables.
Quoi faire??
Christophe Colomb a pris la décision de les faire échouer volontairement à un endroit choisi sur le beau rivage d’une île qu’il a gratifié du pieux nom de Santa Gloria. Non négociable, cette décision n’a pas plu à tous les matelots. Au début, la cohabitation avec les résidents a été bonne. Cependant, devant la manière devenant de plus en plus agressive des Chrétiens, les iliens se montraient de moins en moins coopératifs. Deux frères Porras ont convaincu près de la moitié des réfugiés de quitter le groupe et de s’acoquiner aux Indiens; association qui devint hostile à l’équipage resté solidaire à son chef Colomb. Le groupe de Christophe avait encore plus de difficultés à obtenir de la mangeaille; il appréhendait la famine.
« Fernando, mon fils donne-moi le livre du savant astronome qui traite des éclipses de la Lune. »
« Tiens Père, le voici. »
« Merci Fernando, maintenant, veux-tu me lire, car mes vieux yeux ne me le permettent pas, ce qu’il a écrit au siècle dernier sur ce phénomène qu’il a prédit au sujet de ce qui doit se produire au début des années 1500. »
Fernando découvre qu’il y en aura une éclipse lunaire le 29 février 1504, selon le savant (je crois qu’il était autrichien). « Merci de ce renseignement, maintenant, il me reste à calculer la distance entre l’Autriche et la région où nous sommes et trouver la différence entre les deux altitudes afin de connaître l’heure exacte où elle se produira ici à Santa Gloria. »
Quelques jours avant la date prévue, Colomb convoqua tous les iliens à une grande réunion vers la fin de l’après-midi du 29 février devant Santa Gloria.
Fin d’après-midi, le 29 février. Christophe Colomb, maintenant un vieil homme perclus souffrant de rhumatisme, sort de La Capitana, et s’adresse à la foule : « Le Dieu des Chrétiens est irrité de votre refus de les aider, car il récompense les bons et punit les méchants, il va enlever la Lune du ciel si vous ne faites rien pour les aider. » Le message terminé, il réintégra La Capitana. Quelques heures plus tard, le lever de la Lune fut obscurci par une ombre progressive qui vint jusqu’à couvrir toute la surface de la Lune. Pris de panique devant la fureur et la puissance du Dieu des Chrétiens, ils promirent de leur venir en aide tout de suite et à l’avenir. Ils tirent leurs promesses, car tôt le lendemain, les naufragés reçurent l’aide nécessaire désirée.
Depuis six mois d’attente au cours desquels un feu continuel était maintenu allumé toutes les nuits devant La Capitana pour signaler leur présence, personne ne semblait se soucier d’eux. Il leur faut faire quelque chose, mais quoi? Si personne ne vient, il nous faut faire quelque chose.
Une décision est prise : on va évider deux troncs d’arbres pour construire deux pirogues d’une longueur convenant à dix rameurs chacune pour aller avertir de Ovando qui est à Hispaniola, lui demander de venir au secours de Christophe échoué à Santa Gloria avec un équipage de 150 hommes.
Diégo Mendez, notaire et grand ami et compagnon de Christophe, fut choisi pour diriger le petit groupe de rameurs sur une distance de 500 milles sur une mer inconnue. Souvent très houleuse avec des vents et des courants contraires à la direction désirée avec comme seul point de repère « À environ 300 milles d’ici en direction sud, tu verras un îlot qui est un haut cap rocheux que tu escaladeras pour voir de ce point l’île Hispaniola, la ville-mère où réside le gouverneur de Ovando qui est encore plus loin en direction sud ». Tel fut le message de celui qui avait été le Grand Amiral de la mer Océane. Ce message n’avait rien de rassurant.
Réussir un tel mandat tenait du miracle! Mendez n’avait pas le choix, s’il le refusait, c’est tout le groupe de 150 hommes qui allait mourir sur l’île inconnue nommé par eux Santa Gloria.
Sources :
- Œuvres complètes par Les Voies du Sud,
- Grand Larousse Encyclopédique Christophe Colomb par Michel Lequenne
- Christophe Colomb par Georges-Hébert Germain
Suite et fin du 4e voyage et de la vie de Christophe Colomb le 3 mai prochain!