Les abeilles

En ce début du mois de juin, je vous invite dans l’univers fantastique des abeilles! 

L’homme préhistorique et certains animaux connaissaient bien l’existence du miel qu’ils recueillaient dans les trous des arbres, dans des fissures de rochers ou d’autres endroits secs souterrains.

Couvain d’abeilles

Parmi les 67,000 sortes d’insectes répertoriés sur la Terre, le ver à soie et l’abeille sont les seuls à être directement utiles à l’homme. Les abeilles font partie d’un groupe d’insectes dont seules les femelles ont un dard empoisonné pour se défendre, dard qui reste dans le corps de la victime; ce geste défensif causera la mort du vaillant insecte.

L’abeille a deux yeux immobiles composés de 9,000 facettes disposées de chaque côté de la tête; entre les deux, il y a trois ocelles, genre de petit trou au fond duquel se trouve un organe sensible à la luminosité du soleil, car l’abeille butine des fleurs qui peuvent être distantes jusqu’à 4 kilomètres de son rucher et peut voler à une vitesse de 20 km/h.

Gros plan des yeux d’abeilles

Elle se déplace en zigzag; son mini-ordinateur personnel l’influence, à savoir si elle a le temps d’aller et revenir ou si elle est mieux de butiner auprès de la ruche alors qu’arrive la fin du jour pour ne pas être surprise par la noirceur loin de sa ruche.

Comme un GPS guide un automobiliste, ces trois minuscules organes servent à orienter les butineuses dans leurs déplacements; elles abhorrent les lignes électriques à haute tension qui les déstabilisent en annihilant leurs sens de l’orientation.

L’abeille fait partie d’un groupe spécial d’insectes dont le corps, constitué d’une série d’anneaux flexibles et résistants reliés intimement entre eux, renferme ses organes vitaux.

Le corps de l’abeille

La tête de l’abeille a une forme plutôt triangulaire dont la bouche cache une longue langue poilue qu’elle passe sur le nectar de la fleur qu’elle dirigera vers son jabot (estomac) pour ensuite reculer pour s’envoler vers une autre fleur. Dans ce court laps de temps, l’abeille aura replié les pattes avant vers les cuisses des pattes arrières munies de cavités poilues, appelées corbeilles, pour recevoir le pollen.

Lorsque ces cavités seront pleines, elle se dirigera vers la ruche où elle se posera sur une planchette posée à l’entrée de la ruche où une ouvrière l’attend pour la délester. C’est le seul moment où elle cessera de voler au cours de la journée.

Dans leurs recherches du nectar que la nature a placé au fond du calice de la fleur, les poils qui recouvrent l’extérieur de son corps servent à transporter le pollen, partie mâle de la fleur au pistil, partie femelle d’une autre fleur, action nécessaire pour obtenir des fruits. La pollinisation faite par les abeilles est 1,000 fois plus efficace que celle causée par le vent.

Une ruche peut contenir 10,000 à 80,000 individus incluant les mâles, appelés faux-bourdons; il y a une sorte d’insectes appelée ’’bourdon’’ qui est plus grosse que l’abeille. Dans les deux cas, les mâles ne survivent pas à l’hiver, n’ont pas de dard et ne participent pas à la production du miel. Ces messieurs sont utiles seulement pour la reproduction.

Les mâles sont techniquement incapables de voler; la forme et le poids de leur corps dépassent la capacité portante de leurs ailes trop petites; voler, pour eux, demande un très grand effort.

Seulement les plus forts et résistants de ce marathon nuptial d’une durée d’environ 15 minutes auront le privilège de féconder la reine, privilège qui leur coûtera la vie. À remarquer : plusieurs mâles pourront ‘’honorer’’ la même reine qui ne vivra pas d’autre accouplement.

Elle retournera à sa ruche pour y passer sa vie; elle deviendra une ‘’machine à pondre des œufs’’.

Voilà pourquoi les apiculteurs spécialistes ont recours à la fécondation artificielle pour sélectionner une race la plus productive possible.

Par une belle journée ensoleillée, la jeune reine sort sur la planchette à l’avant de la ruche et s’envole haut et vite dans le ciel, suivie par sa suite masculine qui attendait cet évènement.

Elle retournera à sa ruche et sera féconde pour toute sa vie qui pourra durer de 3 à 4 ans. Sa tâche, pondre de 1,000 à 2,000 œufs par jour d’activité, qu’elle disposera dans les alvéoles que les travailleuses ont préparées. Les plus grandes alvéoles seront pour les œufs non-fécondés qui deviendront de futurs mâles.

Quel dispositif peut lui permettre de pondre des œufs non-fécondés pour les mâles selon la dimension de l’alvéole pour ensuite pondre des œufs fécondés destinées à devenir ouvrières ou reines, le cas échéant?

Trois jours après la ponte, la larve sort de l’œuf pour être nourrie par une travailleuse.

Quand elle sera vieille ou pour une raison que seules les ouvrières sauront, elles feront quelques alvéoles un peu plus grands pour la ou les futures reines.

À remarquer : tous les alvéoles sont parfaitement de formes identiques, seule la dimension est différente.

Avant de déposer un œuf, elle mesure avec ses pattes avant le diamètre de l’alvéole, fait demi-tour et entre la partie arrière de son corps pour y déposer un œuf. Elle laisse passer une mini-goutte de sperme qui a été entreposé dans son vésicule, qui est relié à son oviducte.

Cycle de développement

Parfois, une vieille reine peut avoir épuisé tout le sperme de sa spermathèque, mais continuera à pondre quand même, mais ses oeufs non-fertilisés ne donneront naissance qu’à des mâles. À ce moment-là, la ruche prendra le nom de ‘’ruche bourdonneuse’’, donc non productive.

S’il naît plus d’une nouvelle reine, elles se battront à mort, la survivante sera la future reine. Au bout de quelque temps de vie commune, la vieille quittera la ruche avec une partie des abeilles et bourdons pour aller se poser à un endroit temporaire. Souvent, ce sera une branche d’arbre du voisinage en attendant que les éclaireuses trouvent un endroit propice pour les accueillir de façon permanente pour former une nouvelle colonie.

Souvent l’apiculteur attentif va déceler des indices de ce remue-ménage, car la demie du groupe qui veut quitter se gorge de miel au lieu d’aller à la cueillette habituelle du nectar.

L’intérieur de la ruche est tenu à une température constante pour favoriser l’éclosion du couvain, ceci est la responsabilité des plus jeunes. L’intérieur de la ruche est toujours maintenu à 30 degrés Celsius.

Pour refroidir, les travailleuses couvrent le couvain d’eau et agitent leurs ailes qui agissent comme ventilateur. Pour réchauffer, elles s’assemblent au-dessus du couvain pour former un genre de ‘’coussin isolant’’. Ceci permet d’empêcher la dépertion de chaleur à l’exemple des manchots de l’Antarctique qui se regroupent en rangs très serrés pour se protéger du froid.

Les abeilles n’ont pas de mère. La reine est la seule femelle, il n’y a pas de chef; instinctivement, elles changeront de tâches en vieillissant.

Voici les étapes que traverse une abeille au cours de sa vie :

Au bout de 3 jours, la larve sort de son œuf ,18 jours tard, elle sera prête à besogner.

  1. 24 heures après sa sortie de l’alvéole, elle devient nettoyeuse des alvéoles libérées pour les éclosions futures;
  2. Elle devient nourrice pour les larves;
  3. Du 10e au 18e jour, elle est soit : magasinière-ventileuse pour l’évaporation de l’eau contenue dans le nectar ou nettoyeuse de la ruche;
  4. Calfeutreuse, ce sera pour elle la première occasion de sortir de la ruche pour aller cueillir la propolis sur les bourgeons de certains arbres comme le peuplier;
  5. Vers le 18e jour, gardienne et police : elle expulsera les insectes intrus comme les abeilles d’un autre rucher et les bourdons devenus indésirables et inutiles après l’essaimage;
  6. Rappelleuse, elle relève la partie arrière de son corps en battant des ailes tout en émettant une odeur particulière à son rucher qui aidera la jeune butineuse à s’orienter lors de son retour;
  7. Butineuse, âgée de 20 jours, dernière étape de sa vie et jusqu’à sa mort, elle récoltera des provisions pour nourrir les larves et les abeilles de son rucher au cours du prochain hiver.

La butineuse qui revient au rucher avec la récolte de sa tournée indique à ses compagnes l’orientation et la distance à parcourir en faisant une espèce de danse que seule une abeille peut interpréter. Un Français du nom d’Eugène Libis a eu la patience d’étudier ce comportement et d’écrire un livre L’apiculture pour tous publié chez Flammarion en 1971.

L’apiculture pour tous d’Eugène Libis, Flammarion, 1971

Quand vous dégusterez une cuillère à thé de miel qui est un aliment complet, pensez que vous avez savouré le produit de la vie entière d’une abeille. Un chercheur a calculé que pour faire une livre de miel de trèfle, une abeille a visité 8,7 millions de fleurs.

L’apiculteur moderne produit du miel, élément nutritif par excellence, de la cire employée à la fabrication des cierges, du pollen, de la gelée royale, de l’hydromel et du venin d’abeilles employé en pharmacie.

Le miel était la seule source de sucre dans l’alimentation avant la venue des Espagnols en Amérique qui ont détruient la population des résidants locaux.

Les Français, qui les ont remplacés dans ces colonies, y ont introduit la culture de la canne à sucre avec comme main-d’œuvre des esclaves noirs transportés par des navires spéciaux appelés négriers.

La sève brune de ces cannes qui pouvaient atteindre 10 pieds de haut était blanchie à la chaux pour la rendre plus appétissante et agréable à l’œil.

Merci à ces infatigables butineuses pour le fruit de leur travail qui nous permet d’avoir des fruits à l’année longue sur nos tables.

Pour en savoir davantage sur l’univers de l’apiculture au Québec, je vous invite à visiter le site  de la Fédération des apiculteurs du Québec.

Source :

L’apiculture pour tous d’Eugène Libis

Images :  Internet


Prochain rendez-vous le 3 juillet  pour une nouvelle destination!