Comment nommez-vous votre fratrie?

En ce début février 2022, Charles-Émile signe ici son 135 article publié dans ses Carnets de Charles-Émile. Depuis 2015, tous les débuts du mois, un article de son cru paraît. Il s’est mis à l’ordinateur, fait ses recherches sur Google et rédige tous les jours pour vous proposer une variété de sujets qui le passionne.

Bravo cher paternel pour ta ténacité et l’intérêt de tes écrits, ton éditrice d’aînée, Renée

Comment nommez-vous votre fratrie?

Pour définir nos liens familiaux, parfois on utilise les termes germain et utérin, sans trop savoir pourquoi.  

Le mot germain est d’origine très ancienne. Déjà, dans l’Antiquité, les Romains qualifiaient du nom de « germain » les gens qui habitaient une grande région située au nord de leur patrie. Ces gens parlaient des langues différentes et avaient de grandes similitudes entre elles. 

Le terme germain tire son origine de la réunion de deux mots de l’ancienne langue allemande, soit gair signifiant voisin et man signifiant peuple.

Comme les gens du pays voisin avaient de grandes similitudes, ils avaient donc quelque chose en commun.

La langue française étant une langue vivante, le mot germain a été adopté pour désigner deux personnes issues de mêmes parents.

Si l’enfant à naître provient d’un second mariage du père, il deviendra le frère-soeur germain.e de ceux issus du mariage précédent, car ils ont un géniteur commun.

Si l’enfant à naître provient d’un second mariage de la mère, il deviendra le frère-soeur utérin.e de ceux issus du mariage précédent.

Si l’enfant à naître est le premier du couple, il sera l’né de la famille. S’il naît après un frère ou une sœur, il sera le frère-sœur puîné.e.

Maintenant que vous savez comment bien nommer votre fratie, je vous invite à vérifier votre compréhension avec ma propre histoire

Mon histoire familiale est complexe, tricotée serrée!

Pour vous aider à vous démêler, ou à bien vous embrouiller, je vais vous présenter mon histoire familiale. Elle est complexe et tricotée serrée, comme vous allez le découvrir.

Notre vécu familial et consanguin comporte des germains, des utérins, des aînés et des puînés. Je vous explique…

Anna Giguère

Ma mère, Anna Giguère s’est mariée trois fois

Ma mère s’est mariée trois fois et ce n’est qu’à son troisième mariage qu’elle a perdu son nom de fille pour prendre celui de son premier amoureux qu’elle avait eu en fin d’adolescence.

À sa première noce, ma mère Anna Giguère, enfant d’Alfred Giguère et d’Athanasie Lassonde, maria son cousin germain Honoré Giguère. Elle demeura donc Giguère, mariée à Giguère.

Honoré Giguère, son premier mari

Honoré était le fils de Napoléon Giguère et d’Odélie Lassonde. Alfred et Napoléon étaient cousins germains. Les épouses, Athanasie et Odélie, étaient sœurs germaines, car elles avaient le même père.

Lors d’un accident d’auto, Honoré décéda subitement à l’âge de 26 ans laissant sa femme Anna veuve. Elle était enceinte de 2 mois d’un quatrième enfant, dont 3 enfants en bas âge : Roger, l’aîné de 5 ans suivi des jumeaux puînés âgés de 3 ans.

On est alors en 1929, en pleine crise économique, sans aucune sécurité sociale, exceptée l’entr’aide sociale de la parenté et des amis.

Parallèlement aux épreuves subies par Anna, Émile Giguère, frère germain puîné d’Alfred, étaient tous deux orphelins de leur mère, morte en accouchant.

Joseph Giguère, père d’Alfred, devenu veuf se remaria à Athanasie Lassonde. En langage populaire, Alfred était le demi-frère d’Émile. Émile, un célibataire âgé de 30 ans, venait d’acheter la ferme de sa mère avec l’obligation de subvenir à ses besoins jusqu’à sa mort.

Dans ce contexte familial et social, Anna Giguère et Émile Giguère ont trouvé sage d’unir leurs destinées.

Émile Giguère,
son deuxième mari, mon père

Ainsi, Anna aurait de l’aide pour élever sa famille et Émile trouvait une compagne pour partager sa vie quotidienne de fermier et aussi une future mère pour les enfants qu’ils pourraient engendrer.

Ils se sont donc mariés au début du mois de février 1932, il y a 90 ans aujourd’hui. Anna demeura toujours Giguère, une fois mariée à Émile Giguère, son deuxième mari, mon père.

Anna devint enceinte peu de temps après. Les nombreuses belles-sœurs d’Émile qui étaient l’avant-dernier d’une famille de 20 enfants faisaient des remarques concernant les rondeurs trouvées précoces de la nièce devenue leur belle-sœur.

Anna les entendait, mais ne réagissait pas, tout en espérant que le petit ange qu’elle portait attendrait 9 mois avant de se montrer la binette.

Hé, oui, il a attendu ses 9 mois, bien au chaud dans son sein, car il est né au début de novembre 1932, baptisé à Sainte-Élisabeth de Warwick et nommé Joseph-Adélard-Charles-Émile. C’est ce petit Ange-là qui, 89 ans plus tard, partage avec vous sa généalogie.

Je suis l’aîné d’Émile et d’Anna Giguère, suivi de 6 frères et sœurs germains puinés, car nous sommes issus de géniteurs communs. Mes demi-frères et sœur du premier lit sont mes frères et sœurs utérins, aussi Giguère.

Pour décrire le lien de parenté entre des enfants issus d’un père commun et de deux mères différentes, le terme est consanguin. Mais dans le langage courant, on dira les enfants du premier lit, du second lit.

Ces termes sont souvent utilisés par les notaires dans les testaments et aussi par les
généalogistes pour établir une priorité à certains titre de noblesse.

Charles-Émile Giguère, blogueur
Je suis l’aîné d’Émile et d’Anna et ce blogue
Les carnets de Charles-Émile est ma création depuis février 2015
Roméo Duval, son troisième mari et sa première flamme à l’adolescence

Anna Giguère s’est remariée en troisièmes noces avec Roméo Duval, son premier amoureux. Pour la première fois de sa vie, à l’âge de 68 ans, ma mère changea de nom de famille pour devenir madame Roméo Duval.

Après avoir rédigé ce texte personnel, je réalise que je l’ai composé 89 ans plus tard, à la même date, début de février, du mariage de papa Émile et de maman Anna que je salue en leur souhaitant longue vie d’éternité et de bonheur.

Charles-Émile